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Bulletin Quotidien Europe N° 10258
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Moderniser les infrastructures de l'UE, un coûteux défi

Bruxelles, 17/11/2010 (Agence Europe) - La modernisation et le renforcement des infrastructures énergétiques de l'UE pour garantir son approvisionnement sont un défi incontournable, mais très coûteux, avertit la Commission européenne. L'UE devra investir un trillion d'euros d'ici 2020 pour l'ensemble de ses réseaux transport et de ses capacités de production, transmission, distribution et de stockage, notamment pour intégrer l'électricité d'origine renouvelable. Pour les seuls réseaux de gazoducs et lignes à haute tension, une enveloppe de 200 milliards d'euros sera nécessaire. Le temps presse, aussi l'exécutif européen propose-t-il d'identifier des projets prioritaires d'intérêt européen, et d'accélérer de trop longues procédures d'autorisation.

« Tout est à faire! », a insisté Günther Oettinger, en présentant à la presse, mercredi 17 novembre, une communication très attendue sur les infrastructures énergétiques prioritaires pour 2020-2030, assortie d'un plan détaillé pour un réseau d'énergie européen intégré. « Rien que pour l'électricité, pas moins de 45 000 km de nouvelles lignes électriques seront nécessaires », a ajouté le commissaire européen à l'Énergie. Ses services évaluent à 20% (de 3 362 à 4 073 tétrawatts/heure) la croissance de la production d'électricité nécessaire entre 2007 et 2030 pour couvrir les besoins de l'UE, sans prendre en compte la possibilité d'un décollage substantiel de l'électro-mobilité. Concernant le gaz, la Commission évalue une hausse de la dépendance aux importations de 60% aujourd'hui à une fourchette comprise entre 73 et 79% en 2020, entre 81 et 89% en 2030. En volume, ces besoins supplémentaires en gaz sont évalués entre 44 et 148 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtoe) d'ici 2020 et entre 61 et 221 Mtoe d'ici 2030.

De lourds investissements seront donc indispensables pour renforcer les capacités et infrastructures électriques, gazières et pétrolières de l'UE, en particulier pour intégrer pleinement la production grandissante de renouvelables (éolien, solaire, hydroélectrique) comme pour mettre fin à l'isolement énergétique de certains nouveaux États membres. L'UE devra investir 1000 milliards d'euros d'ici 2020 (2000 milliards d'ici 2030) pour moderniser et renforcer l'ensemble de ses réseaux transport et ses capacités de transmission, distribution et stockage, dont 500 milliards pour de nouvelles capacités, notamment pour intégrer les renouvelables, 400 milliards pour les réseaux de distribution et les réseaux intelligents (smart grids), et une enveloppe de 200 milliards d'euros sera nécessaire pour les seuls gazoducs et lignes à haute tension. Selon la Commission, le secteur privé ne pourra toutefois prendre en charge que la moitié de cette facture, laissant un trou de quelque 100 milliards d'euros, dont 40% sont dus aux délais pour les permis de construire et 60% sont le fait des risques d'investissements, de l'absence d'un instrument financier adéquat et du peu d'intérêt commercial pour des projets qui ont un intérêt européen ou régional. Pour couvrir ce manque, l'UE pourra faire appel à la Banque européenne d'investissement (BEI) ou à des organismes financiers internationaux. L'exécutif européen espère aussi pouvoir consacrer chaque année quelque 800 millions d'euros à cette modernisation, en fonction du résultat des négociations à venir sur le prochain cadre budgétaire pluriannuel de l'UE.

Le défi des infrastructures appelant à des réponses communautaires urgentes, la Commission propose une méthode de planification stratégique pour identifier des projets prioritaires d'intérêt européen. Un nombre limité de corridors indispensables pour l'acheminement de l'électricité, du gaz et du pétrole à développer d'urgence sont déjà définis par la Commission. Sur la base de ces couloirs, des projets d'intérêt européen devront être désignés en 2012. Ils devront bénéficier de financements communautaires et obtenir la réponse à leurs demandes de permis de construire dans un délai plus court, tout en veillant au respect de la législation de l'UE, en particulier sur l'environnement et le principe de participation publique (pour un aperçu détaillé de la proposition sur l'amélioration des procédures d'autorisation, voir EUROPE n° 10236). Lors de la préparation et de la mise en œuvre des projets, la Commission favorisera la coopération régionale entre les États membres. L'exécutif européen précise aussi des objectifs à plus long terme, comme les Autoroutes de l'électricité.

Pour la Commission, quatre couloirs sont prioritaires dans l'électricité: - le réseau offshore dans les mers septentrionales relié à l'Europe du nord et du centre pour acheminer l'électricité produite par les parcs éoliens vers les grandes villes ou la stocker dans les centrales hydroélectriques des Alpes ou de Scandinavie ; - les interconnexions en Europe du Sud-Ouest pour acheminer l'énergie éolienne, solaire ou hydroélectrique vers le reste du continent ; - des connexions en Europe centrale, orientale et du Sud-Est afin de renforcer le réseau régional ; - l'intégration du marché balte. Trois couloirs sont prioritaires dans le secteur du gaz: - le corridor Sud pour acheminer le gaz de la Caspienne vers l'Europe ; - la connexion du marché balte à l'Europe centrale et du Sud-Est ; - le couloir Nord-Sud en Europe occidentale pour supprimer les goulets d'étranglement internes et permettre une meilleure utilisation des approvisionnements extérieurs. Le réseau Centre/Est est l'unique couloir prioritaire pour le pétrole. Autre priorité, le développement des smart grids, pour lesquels l'exécutif européen table sur une initiative visant à compléter le 3ème paquet de libéralisation. Enfin, la Commission envisage la construction d'un réseau de pipelines pour transport le CO2 capturé. (E.H.)

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