Bruxelles, 28/10/2010 (Agence Europe) - Il est grand temps que l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) et la Grèce trouvent une solution mutuellement acceptable au problème de l'utilisation du nom 'Macédoine', a réaffirmé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, après une entrevue avec le premier ministre Nikola Gruevski, mercredi 27 octobre à Bruxelles.
« Le moment est venu de résoudre ce problème. Les pays (Grèce et ARYM) ne devraient pas rater cette occasion historique. Des questions relatives à l'identité (d'un peuple) sont importantes mais il est encore plus important de veiller à ce que le passé ne prenne pas le futur en otage. J'appelle toutes les parties à lever cet obstacle le plus rapidement possible et je suis optimiste que ce sera bien le cas », a déclaré M. Barroso devant la presse. Mettre fin à ce différend est « très important pour l'ARYM, pour la région et pour nous tous en Europe », a ajouté M. Barroso. La dispute sur le nom, rappelons-le, bloque l'ouverture des négociations d'adhésion avec le pays (véto grec au Conseil, Ndlr) en dépit de la recommandation favorable de la Commission en 2009.
Le président de la Commission a aussi exhorté le gouvernement de l'ARYM à poursuivre les réformes, notamment dans les domaines du dialogue politique, de l'indépendance du secteur judiciaire et de la lutte contre la corruption et le crime organisé.
Le premier ministre Gruevski a affirmé que l'ouverture des négociations d'adhésion restait la « priorité » du gouvernement. « Le lancement des pourparlers accélérera significativement les réformes dans le pays et renforcera la stabilité dans la région », a-t-il insisté. M. Gruevski a aussi dit qu'il restait « activement et intensivement engagé » dans le processus - organisé par l'ONU - de recherche d'une solution acceptable au problème du nom. Le Premier ministre a par ailleurs réitéré l'engagement de Skopje en faveur des réformes et de la modernisation du pays.
« Problèmes » avec la libéralisation des visas. M. Barroso a aussi insisté pour que Skopje prenne des mesures afin d'empêcher que l'exemption des visas accordée l'année dernière par l'UE continue à entraîner une hausse spectaculaire du nombre des demandeurs d'asile en provenance de l'ARYM. « Il y a eu des problèmes. Il doit être souligné que la libéralisation des visas ne donne pas le droit (aux citoyens de l'ARYM) de demander l'asile ou de travailler dans l'UE », a dit M. Barroso. (H.B.)