Bruxelles, 28/10/2010 (Agence Europe) - La rencontre au sommet entre l'Union européenne et les partenaires sociaux européens a mis en exergue la nécessité de stimuler la croissance et l'emploi par une coopération renforcée et une meilleure gouvernance.
Les résultats de l'année 2010 s'annoncent meilleurs qu'auparavant avec une croissance qui pourrait être d'environ 2%. Mais de nombreux problèmes nous attendent encore et, pour y faire face, « nous devons mobiliser la même volonté pour nous attaquer aux défis socio-économiques qui nous attendent, permettre que la stratégie de sortie réduise la dette et prévienne les crises futures, et accompagner cela d'une stratégie d'entrée pour la croissance, l'emploi et l'inclusion », a indiqué Herman Van Rompuy. Pour la stratégie de sortie, le rapport de la Task Force « représentera une amélioration de la gouvernance dans la zone euro et dans l'UE », a noté le président permanent du Conseil européen, en renvoyant aux travaux du Conseil européen (voir autre nouvelle). Une stratégie de sortie à combiner avec une stratégie d'entrée, au cœur de laquelle se trouve la stratégie UE 2020 pour la croissance et l'emploi. « Nous avons tiré les leçons du passé: l'Europe n'a pas de solutions toutes faites. Il faut du taillé sur mesure pour chaque État membre. Les partenaires sociaux doivent à cet égard participer activement, coopérer aux processus qui permettront d'identifier les objectifs et les goulets d'étranglement ». Herman Van Rompuy s'est dit « convaincu que si on combine les travaux des résultats de la Task Force avec ceux de la stratégie UE 2020, on sortira de l'ornière avec un modèle socio-économique renforcé ».
En accord total avec l'état des lieux dressé par Herman Van Rompuy, à savoir que « la situation est meilleure que l'an passé », José Manuel Barroso a appelé à « ne pas se rengorger: le niveau de l'emploi n'est pas très élevé. Il faut tirer les leçons de la crise dont une réponse positive de l'UE n'a été possible que par une action commune, un partenariat étroit entre les institutions européennes d'une part, les États membres et les partenaires sociaux d'autre part. Il faut relancer la confiance ». Le président de la Commission a rappelé le travail fait par la Commission ces jours-ci avec l'initiative sur la relance du marché unique et le lancement de son initiative sur la politique industrielle. « On appuie la dimension industrielle. D'aucuns pourraient penser que les services sont l'épine dorsale en Europe. Non, non, non ! L'industrie est essentielle et doit être un modèle en cette ère de mondialisation ». M.Barroso s'est félicité de ce qui a été dit par les PME (sur le Small Business Act), les syndicats européens et le patronat qui se sont prononcés sur la nécessité d'avoir un bon budget européen. « Il faut un niveau d'investissement élevé en Europe. Sans politique coordonnée d'investissement en Europe, la croissance manquera à l'appel. Il faut un partenariat et la Commission souscrit à un engagement en faveur du dialogue social ».
Le premier ministre belge en affaires courantes Yves Leterme a fait part de l'ambition de la Belgique d'ancrer son modèle de dialogue social au niveau européen. « Nous plaidons l'ancrage et l'insertion d'un moment de concertation au plus haut niveau dans la gouvernance économique et dans le calendrier du semestre européen ». L'adoption du rapport de la Task Force est indissociable de la stratégie UE 2020 pour la croissance et l'emploi: en effet une politique économique et budgétaire saine crée les conditions de la croissance et est aussi la garantie du maintien à plus long terme d'un modèle social européen.
Le secrétaire général des syndicats européens (CES), John Monks, a réitéré sa mise en garde contre les mesures d'austérité, notant que « les mouvements de remboursement de dettes se font trop rapidement dans des délais trop courts » et que « les stratégies de sortie risquent de nous plonger dans une double récession » (EUROPE n°10425).
Le directeur général de BusinessEurope, Philippe de Buck, a dit espérer que le Conseil européen manifestera son engagement en faveur d'une politique économique et budgétaire plus solide, de sorte que l'Europe s'oriente vers une solution budgétaire solide et saine. Il est important d'accrocher cela à une double voie avec des stratégies de sortie et également la nécessité de renforcer les éléments de compétitivité (éducation, services publics solides et efficaces, etc.), a ajouté Philippe de Buck.
Le président du CEEP, Carl Cedershöld, a souligné que les dépenses publiques sont la clé d'une politique de croissance et c'est ainsi qu'on peut atteindre les objectifs de la stratégie UE 2020. Les services publics en Europe représentent 26% du PIB européen.
Le président de l'UEAPME, Georg Toïfl, a jugé important que les PME ne connaissent pas des pertes d'emplois durant cette période de crise. Les PME continueront à jouer un rôle essentiel dans les solutions de la crise et la création d'emplois. (G. B.)