Meise, 28/10/2010 (Agence Europe) - À la veille du Conseil européen, les principaux dirigeants de droite et du centre-droit en Europe, membres du Parti populaire européen (PPE), réunis jeudi à Meise, près de Bruxelles, se sont montrés ouverts sur le principe d'un changement minimal du Traité de l'UE en vue de modifier les règles budgétaires de la zone euro après la crise grecque. « Il y a une réelle volonté de faire des changements spécifiques au traité, mais personne n'a indiqué quels pourraient être ces changements, car il n'y aura pas eu de discussions sur la substance », a déclaré après la réunion Jyrki Katainen, le vice-premier ministre et ministre des Finances de la Finlande. « Si un changement du traité paraît évident, il faut voir sur quoi vont porter les changements et qui sera chargé de les préparer », a-t-il ajouté, précisant qu'une modification du traité serait la dernière étape du processus. Un tel changement est réclamé par l'Allemagne, soutenue par la France, qui craint un blocage de sa Cour constitutionnelle sur la création d'un Fonds de sauvetage pour les pays en grande difficulté. Le président de l'UE et la Commission européenne seraient chargés d'étudier la façon de mettre en place le Fonds et d'examiner la possibilité d'un changement du traité pour y parvenir. José Manuel Barroso s'est dit lui-même prêt jeudi à « discuter » d'une modification du traité, mais limitée. « Nous sommes ouverts à la discussion, mais il faut prendre soin d'avoir un changement très limité du traité, sans avoir besoin de référendum », a indiqué le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt.
« À ce stade, tout le monde est encore prudent, le changement du traité n'étant pas un objectif mais un instrument », a souligné le premier ministre hongrois Viktor Orban. De plus, a-t-il ajouté, c'est un exercice « hautement risqué » car une fois le traité rouvert, il est toujours difficile de le refermer. La chancelière allemande Angela Merkel a maintenu jeudi son exigence d'un changement du traité et insisté sur sa volonté de priver les pays trop laxistes de leurs droits de vote dans l'UE. Mais ce dernier point n'est pas partagé par les autres pays européens. « Il s'agit d'une idée à laquelle il ne faut pas donner suite », a déclaré le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. « Ne pas respecter les règles budgétaires est quelque chose de grave, mais pas autant que violer des droits de l'homme », a-t-il ajouté. José Manuel Barroso a jugé lui aussi jeudi « inacceptable » de réduire les droits de vote. Le premier ministre polonais Donald Tusk a quant à lui qualifié cette proposition d'« exotique » et de « peu probable ». Le président français Nicolas Sarkozy s'est plaint jeudi des critiques formulées cette semaine par la vice-présidente de la Commission Viviane Reding qui avait parlé de « diktat franco-allemand », a confirmé M. Orban. « La France est un pays très fier. Vous ne pouvez pas insulter la France sans conséquences », a-t-il ajouté. MM. Sarkozy et Barroso sont toutefois partis plutôt en bons termes de la réunion puisqu'ils ont emprunté la même voiture pour se rendre à la réunion du Conseil européen. (B.C.)