Bruxelles, 28/10/2010 (Agence Europe) - Les États membres de l'UE sont prêts à envoyer 200 gardes-frontières sous l'égide de l'agence européenne aux frontières extérieures (Frontex) pour aider la Grèce à sécuriser sa frontière avec la Turquie d'où affluent de nombreux migrants clandestins, a annoncé mercredi 27 octobre la présidence belge de l'UE.
« Deux cents gardes-frontières au total peuvent être mobilisés, mais nous ne savons pas si la Grèce aura besoin des 200 », a déclaré la ministre belge de l'Intérieur Annemie Turtelboom au cours d'une rencontre avec la presse à Bruxelles. « Frontex prépare des plans opérationnels et nous attendons qu'elle nous dise quels sont les besoins », a-t-elle expliqué.
La Grèce a demandé à l'Union européenne, dimanche 24 octobre, de déployer des patrouilles de surveillance à la frontière gréco-turque, où un afflux sans précédent de migrants clandestins a été enregistré ces derniers mois. La Commission européenne a promis de mettre tout en œuvre pour déployer ces équipes le plus rapidement possible (EUROPE n° 10243).
Pour l'heure, « cinq policiers belges sont prêts à partir » pour cette opération, a indiqué Mme Turtelboom, précisant que l'Allemagne prévoyait de mettre à disposition 25 gardes-frontières, en plus des autres pays. De son côté, la France a décidé de mobiliser immédiatement l'ensemble des effectifs de gardes-frontières qui constituent la contribution nationale de la France aux équipes d'intervention rapide aux frontières, a annoncé mardi le ministre français de l'Immigration Eric Besson.
Ce serait la première fois que ces équipes baptisées RABITs (de l'anglais de Rapid Border Intervention Teams) seraient déployées à la demande d'un État membre.
« La Grèce a une partie de sa frontière qui n'est plus protégée. Une portion de 12 kilomètres entre la Grèce et la Turquie », a souligné Mme Turtelboom. « Nous avons beaucoup d'intérêt à ce que le frontière grecque soit bien protégée », a-t-elle expliqué, rappelant toutefois que le déploiement des RABITs durera seulement le temps de laisser aux Grecs la capacité de reprendre le contrôle de leur frontière. « L'objectif n'est pas de les envoyer en Grèce pour toujours », a-t-elle dit.
Placés sous la coordination de Frontex, les gardes-côtes participant à RABIT sont en effet mobilisables pour une durée limitée et lors de situations exceptionnelles et urgentes, dans les pays faisant face à une immigration soudaine et massive. Ils pourront aider les gardes-côtes nationaux dans leurs missions de contrôle des frontières, de première urgence, de traduction, d'évaluation des risques ou d'identification des personnes. Selon Frontex, plus des trois quarts des 40 977 personnes interceptées aux frontières de l'UE au cours du premier semestre 2010 sont entrées via la Grèce, principalement en provenance de Turquie. Des Maghrébins et Africains de l'Ouest figurent désormais aux côtés des Afghans, Pakistanais ou Somaliens, car cet itinéraire attire aussi ceux pour qui les frontières espagnoles et italiennes se sont fermées. La grande majorité d'entre eux sont des réfugiés économiques exploités par des réseaux de trafiquants d'êtres humains. (B.C.)