Bruxelles, 27/09/2010 (Agence Europe) - Les mois qui passent sans que l'on puisse relever des progrès concrets dans les interminables pourparlers de Doha n'ébranlent pas la foi de Pascal Lamy, qui juge en effet « techniquement faisable » de conclure, en novembre 2011, un round lancé dix ans plus tôt. « Célébrer dix ans de négociations pourrait ne pas être une bonne occasion de sabrer le champagne. Mais à ce stade, c'est techniquement faisable », a estimé M. Lamy, ouvrant les travaux du deuxième sommet mondial sur les services, le 22 septembre à Washington. « Je ne suis pas sûr de savoir si, et quand, l'alchimie va se produire (...) Je dis souvent que nous avons fait 80% du travail, et que tout ce qui reste aujourd'hui c'est 20%. Le problème est que je dis ça depuis à peu près deux ans », a-t-il néanmoins admis.
Pour le patron de l'OMC, des progrès dans la libéralisation des échanges de services pourraient aider à débloquer l'ensemble des négociations de Doha en vue d'un accord définitif. « En fait, beaucoup de choses se sont passées depuis que les négociations sur les services ont été lancées en 2000. Beaucoup de pays ont ouvert unilatéralement ces secteurs à la concurrence, et fait en sorte qu'une régulation adaptée soit mise en place. Avec les années d'expérience, le temps pourrait être venu de lier cette ouverture aux engagements multilatéraux pris dans le cadre de l'OMC », a suggéré M. Lamy.
Principal acteur de la réunion de Washington, la Global Services Coalition, qui réunit, au côté du Forum européen des services (ESF), les fédérations de services des pays participant aux négociations sur les services - Australie, Canada, États-Unis, Hong-Kong, Inde, Japon, Nouvelle-Zélande, Singapour et Taiwan - est de nouveau montée au créneau pour presser les autorités des pays concernés à trouver de nouvelles approches d'ici le sommet du G-20 à Séoul pour accélérer les pourparlers sur l'accès au marché des services. « Le succès du round ne sera possible que si les négociations sur les services sont élevées à un niveau plus central et si des résultats significatifs en matière commerciale sont atteints, dont des engagements fermes d'offrir de nouvelles opportunités en matière d'accès au marché et de garantir la transparence, l'efficacité et la prévisibilité des réglementations sur les services », insiste la coalition, dans un communiqué soutenu par les dirigeants des pays du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Un message qui fut relayé à Washington par le ministre australien du Commerce, Craig Emerson, pour qui, en 2008, « il n'y avait pas assez sur la table » dans le chapitre des services pour conclure le round.
Progrès sur les NAMA. Au terme d'une semaine de consultations à Genève, du 20 au 24 septembre, le médiateur à l'OMC sur les produits industriels (NAMA), l'ambassadeur suisse Luzius Wasescha a de son côté fait part de progrès sur la question des barrières non tarifaires (NTB) aux échanges de produits industriels, en particulier en ce qui concerne le secteur des produits chimiques. (E.H.)