Bruxelles, 27/09/2010 (Agence Europe) - Les ministres européens de la Pêche ont condamné, lundi 27 septembre, la décision prise par les îles Féroé et l'Islande de s'attribuer, sans concertation avec l'UE et sans tenir compte des avis scientifiques, des quotas importants de maquereau dans les eaux de l'Atlantique du Nord-Est. Ils ont demandé à la Commission européenne de poursuivre quand même les négociations avec ces pays en vue de trouver un accord sur la gestion de ce stock, mais ont insisté sur le fait que cet accord ne doit pas être conclu à n'importe quel prix. Les ministres ont refusé d'accéder à la demande de l'Islande et des îles Féroé d'accorder aux pêcheurs de ces deux pays un accès aux eaux communautaires pour pouvoir y pêcher du poisson. Enfin, les ministres se sont montrés plus partagés sur les sanctions éventuelles à prendre en cas d'échec des pourparlers avec ces pays sur des mesures à long terme de gestion des stocks de maquereau. La Commission a brandi la menace de ne pas reconduire les accords bilatéraux annuels de pêche avec l'Islande et les îles Féroé. Certains pays, comme la France (premier bénéficiaire de l'accord bilatéral avec les îles Féroé), ont estimé que cette mesure de représailles n'était pas la bonne solution. Les Pays-Bas ont fait le lien avec les négociations d'adhésion de l'Islande à l'UE. Enfin, certains pays ont demandé à la Commission de présenter une liste de sanctions possibles (sanctions commerciales, interdiction pour les pêcheurs de ces pays de débarquer du poisson dans les ports de l'UE, etc.).
Le précédent accord entre États côtiers sur le maquereau a expiré en 2009. Les discussions sur son renouvellement ont pour le moment échoué et, l'été dernier, les îles Féroé se sont arrogé pour 2010 un quota unilatéral de 85 000 tonnes et les Islandais se sont attribués un volume de 130 000 tonnes. Conséquence: il y a donc une surpêche de maquereau (l'avis scientifique recommande de ne pas dépasser 570 000 tonnes).
Kris Peeters, le ministre président de la région flamande de Belgique responsable de la pêche, a dit que le Conseil a accordé son soutien à la Commission pour qu'elle poursuive en octobre la recherche d'un accord avec les États côtiers sur une gestion à long terme des possibilités de pêche au maquereau. « Mais cet accord ne doit pas être conclu à n'importe quel prix », a dit M. Peeters. Il a ajouté que l'accord doit s'inspirer de ce qui a été convenu l'an dernier entre l'UE et la Norvège sur la gestion des stocks de maquereau.
« Les mesures prises par l'Islande et les îles Féroé » (fixation de quotas « unilatéraux pour eux-mêmes ») sont « inacceptables », a lancé Maria Damanaki, la commissaire européenne à la Pêche. « Nous avons conclu aujourd'hui que nous voulons remédier à cette situation intenable », a ajouté la commissaire. La Commission va donc continuer les discussions avec ces deux pays, en tenant compte de la migration des maquereaux dans les eaux plus au nord. En effet, l'Islande et les îles Féroé justifient une hausse des quotas par le réchauffement climatique qui a conduit les maquereaux à migrer davantage dans leurs zones de pêche. « Mais nous ne chercherons pas un accord à n'importe quel prix », a prévenu Mme Damanaki. Si ces pays continuent à avoir des demandes exagérées, « alors l'UE sera prête à réagir, en particulier en ce qui concerne nos accords annuels avec ces pays », a lancé la commissaire. « La Commission européenne n'établit pas de lien entre cette question et celle des négociations d'adhésion » de l'Islande à l'Union européenne, a par ailleurs souligné Mme Damanaki, tout en reconnaissant que ce pays se devait aussi de respecter la législation européenne. (L.C.)