Strasbourg, 08/07/2010 (Agence Europe) - S'exprimant lors d'un débat en session plénière du Parlement européen sur les risques, les responsabilités et la réglementation liés à l'exploration et l'extraction pétrolière offshore, le commissaire européen à l'Énergie Günther Oettinger a plaidé, mercredi 7 juillet à Strasbourg, pour un moratoire sur les forages en eau profonde au large de l'Europe, en attendant de connaître les causes exactes de l'explosion d'une plateforme du groupe BP dans le golfe du Mexique, en avril dernier. « Au vu des circonstances actuelles, tout gouvernement responsable devrait geler dans les faits les nouveaux permis autorisant les forages dont les paramètres sont extrêmes », a déclaré M. Oettinger, en référence à la catastrophe écologique sans précédent aux États-Unis. « Cela peut signifier un moratoire de facto sur les nouveaux forages jusqu'à ce que les causes de l'accident soient connues avec certitude et que les mesures correctrices soient prises pour mener des opérations à la limite des possibilités », a-t-il ajouté.
Le commissaire Oettinger a d'ores et déjà lancé un débat au niveau communautaire pour faire le point sur les risques et responsabilités, le respect des standards européens, les technologies disponibles, et la réglementation déjà en place ou nécessaire. Il dirigera à cet effet les travaux d'une deuxième réunion, à la mi-juillet, entre la Commission, les opérateurs énergétiques et les autorités nationales de régulation (EUROPE n° 10166).
M. Oettinger a plaidé pour une nouvelle division des tâches entre la Commission et les États membres ; il s'agit, pour le commissaire, de conférer à la Commission le pouvoir de superviser les opérations de contrôle de l'industrie pétrolière et gazière, actuellement conduites au niveau national. La Commission a fixé en 1994 des normes de sécurité à respecter dans l'UE pour éviter les risques d'explosion dans les installations industrielles, incluant les plateformes pétrolières, tout en laissant le contrôle aux États membres. M. Oettinger a aussi évoqué une réflexion sur le renforcement des capacités de l'UE à faire face à des catastrophes, qui repose notamment sur la question de l'extension des compétences de l'Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) (basée à Lisbonne) qui, à ce stade, sont limitées aux navires transportant des hydrocarbures. Plaidant pour « le plus haut niveau de sécurité dans l'UE », le commissaire à l'Énergie a promis des propositions concrètes « pour les mois à venir ». (E.H.)