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Bulletin Quotidien Europe N° 10177
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/conseil emploi-affaires sociales

L'emploi et la dimension sociale doivent avoir une place essentielle dans la stratégie UE 2020

Bruxelles, 08/07/2010 (Agence Europe) - À la veille de la réunion informelle des ministres de l'Emploi et des Affaires sociales de l'UE 27, les ministres de la troïka (Belgique, Hongrie et Pologne) ont rencontré les représentants des partenaires sociaux européens et de la plateforme sociale européenne, en présence du commissaire à l'Emploi, aux Affaires sociales et à l'Inclusion Laszlo Andor. La Présidence belge de l'UE était représentée par Joëlle Milquet, vice-première ministre et ministre de l'Emploi, et Jean-Marc Délizée, secrétaire d'État aux Affaires sociales (EUROPE n°10175)

Pour la Présidence belge, il est essentiel de mettre l'emploi au centre de la stratégie UE 2020 et de la future gouvernance économique, a déclaré Joëlle Milquet devant la presse à l'issue des travaux, appelant à prendre « dès maintenant des mesures ciblées et ambitieuses qui ne peuvent être freinées par un choix d'austérité aveugle qui serait contraire au déploiement de la stratégie UE 2020 ». Les participants ont tous été d'accord sur deux points, a noté Joëlle Milquet , à savoir qu'il convient: (1) de préparer une politique de croissance porteuse d'emplois durables en dopant tant la demande (formation, participation au travail) que l'offre d'emplois (coût du travail, création d'emplois dans de nouveaux secteurs, soutien à l'entrepreneuriat), (2) de placer les politiques de l'emploi, facteurs clés de compétitivité, au cœur des nouvelles règles de gouvernance économique et de surveillance macroéconomique en donnant un rôle essentiel au Conseil Emploi et Affaires sociales de l'UE, dans le cadre de la rédaction de recommandations, parallèlement à celles du Conseil Éco/Fin, avant les futurs Sommets européens de printemps et de juin qui devront décider des futures recommandations faites aux États membres. Joëlle Milquet a, entre autres, plaidé pour une « exit strategy prudente et phasée dans le temps en ce qui concerne les mesures de crise concernant l'emploi ».

La dimension sociale devra avoir une place essentielle dans la stratégie UE 2020 afin de répondre aux crises actuelles et aux défis de demain, a enchaîné Jean-Marc Délizée. Il a annoncé qu'une initiative phare de la Commission européenne concernant la lutte contre la pauvreté était attendue en octobre 2010. « Le défi qui reste devant nous est que cette initiative soit la feuille de route de la mise en place du volet social de la stratégie », a commenté Jean-Marc Délizée, insistant sur la nécessité de renforcer nos systèmes de protection sociale, et particulièrement des pensions, car « ils sont un facteur clé pour le maintien de la cohésion et de la stabilité sociale ».

Le secrétaire général de la CES (syndicats européens), John Monks, a dit « déplorer que la notion d'emploi de qualité ait disparu de l'ordre du jour du Conseil Emploi et Affaires sociales », argumentant: « L'agenda du Conseil donne l'impression d'être hostile aux intérêts des travailleurs. De plus, la Commission a déclaré être en faveur de l'allongement de l'âge de départ à la retraite, déclaration qui contribuera certainement à augmenter l'euroscepticisme ! » (EUROPE n°10176).

Pour le directeur général de BusinessEurope, Philippe de Buck, les syndicats « tirent plus vite que leur ombre: ils n'auraient pas dû rejeter l'initiative de la Commission sur l'avenir des retraites. C'est de l'intérêt de tous d'essayer de trouver un accord dans le dialogue social que nous voulons et que nous souhaitons aussi dans le système de la révision des systèmes de pension ». Philippe de Buck a affirmé que « la croissance est cruciale » et « la stratégie UE 2020 urgente ». « Doubler le potentiel de croissance de l'Europe devrait être l'objectif précisément pour pouvoir rencontrer les objectifs en termes d'emplois et de protection sociale que la Présidence belge souhaite, à raison, développer », a ajouté M. de Buck, chiffres à l'appui: « Si on passe de 1% de croissance en 2010 à 2% - ce qui devrait être l'objectif - on crée 6,5 millions d'emplois et on réduit la dette de 450 milliards d'euros. Cela vaut la peine ».

Le secrétaire général du CEEP, Ralf Resch, a mis en exergue le fait que « les services publics fournissent une importante infrastructure au développement du business privé et de la qualité de vie des citoyens. C'est pour cette raison que leur capacité d'innover et de moderniser doit être placée haut dans l'agenda des prochaines années ».

Le secrétaire général de l'UEAPME, Andrea Benassi, a estime qu'il faut cinq conditions pour avoir une bonne gouvernance: (1) des lignes directrices claires, moins nombreuses et bien ciblées, (2) des objectifs quantifiés européens limités et bien choisis, (3) un partenariat fort avec l'implication des partenaires sociaux à tous les niveaux, (4) un point de référence (comme Mr ou Mme Lisbonne précédemment), (5) une évaluation et un contrôle plus précis par l'UE avec des recommandations fortes.

« Une certitude aujourd'hui: un emploi n'est pas une sauvegarde contre la pauvreté », a averti le représentant de la Plate-forme sociale européenne pour qui « cette crise n'est pas une crise du dialogue social mais vient d'un effet qui a été sans limite et non contrôlé ». (G. B.)

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