Bruxelles, 08/07/2010 (Agence Europe) - Trois députés du groupe de la GUE/NGL, Rui Tavares, Marie- Christine Vergiat et Miguel Portas, ont demandé, mardi 6 juillet, la convocation de la commissaire européenne compétente et des représentants des autorités libyennes devant la commission des liberté civiles et la sous-commission pour les droits de l'Homme du Parlement européen.
Les députés s'indignent de la situation de 250 citoyens érythréens, expulsés d'Italie vers la Libye. Le 30 juin, les immigrés auraient été déportés de force d'un centre de détention de Misratah, sur la côte Libyenne, vers le centre de Braq dans le désert du Sahara. Ils auraient été battus, privés d'eau et de nourriture et auraient besoin d'une aide d'urgence. Selon les députés, cette déportation forcée est une « punition » après une tentative d'évasion du centre de Misratah, le soir du 29 juin. « C'est une question de vie ou de mort: ces réfugiés ont déjà été maltraités et risquent un sort encore plus cruel. Un manque d'action de la part du Parlement européen serait impardonnable », déclarent-ils. Toujours selon eux, il y a un risque important de torture et de mauvais traitement, dans un lieu où par ailleurs les températures excèdent les 50 degrés dans la journée.
Le Conseil européen pour les réfugiés et l'exil (ECRE), un réseau de 69 organisations de défense des réfugiés, et le Conseil italien pour les réfugiés (CIR) pointent la responsabilité des autorités européennes dans ce dossier. Selon eux, les migrants souffrent des conséquences de la violation par l'Italie de ses obligations légales et du « consentement silencieux » des États membres. Ils plaident pour que les migrants ne soient pas rapatriés en Érythrée, où ils risquent d'être torturés et maltraités. « Nous répétons avec force la demande que nous faisons au gouvernement italien de réinstaller les réfugiés en Italie ». L'Italie a commencé à renvoyer en Libye des migrants interceptés par voie maritime, il y a près d'un an, « sans assurer leur besoin de protection » d'après les associations.
Cette demande intervient alors que la Commission européenne négocie avec les autorités libyennes un accord de coopération sur divers thématiques, dont les questions d'asile et d'immigration. En 2009, moins de 18.000 personnes ont demandé l'asile en Italie, comparé à près de 30.000 en 2008, soit une baisse de 42%. (J.I.)