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Bulletin Quotidien Europe N° 10158
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/algÉrie

Délicates mises au point attendues au cours de la 5ème session du Conseil d'association, mardi à Luxembourg

Bruxelles, 11/06/2010 (Agence Europe) - L'Algérie et l'UE réuniront mardi 15 juin à Luxembourg la 5ème session de leur Conseil d'association qui donnera lieu à des échanges de vues détaillés, politiques et économiques, et elle permettra surtout de vérifier que la volonté algérienne de coopérer demeure intacte. Ce pays n'a eu de cesse, au cours des derniers moins, de faire valoir que l'accord d'association, entré en vigueur en septembre 2005, mérite d'être adapté. Certains décideurs, dont le ministre du Commerce, appuyés par des médias traditionnellement critiques, ont même soutenu l'idée d'une renégociation de cet accord.

Les Algériens eux-mêmes reconnaissent que la tonalité dans les milieux politiques et économiques n'est pas homogène. La lutte entre les « archéos » et les partisans de l'ouverture ne serait pas encore achevée. Karim Djoudi, le ministre des Finances, maintes fois repris par la presse locale, soutient que l'ouverture du marché algérien n'a pas drainé les investissements européens attendus. Il met en avant un manque à gagner en recettes fiscales de l'ordre de 2,2 milliards de dollars en 2009, alors que, affirme-t-il, les flux des investissements européens vers l'Algérie peinent à atteindre 500 millions de dollars. Cette dualité se retrouve dans l'attitude de refus de s'impliquer dans la politique de voisinage et motive pour une part la distance que prend ce pays par rapport à l'UpM (Union pour la Méditerranée).

L'UE espère que la session permettra de clarifier les intentions algériennes. L'intention européenne serait de plaider qu'il n'y a pas d'alternative à l'accord d'association. La Commission attend de fixer des dates pour les clauses de rendez-vous, envisagées vers la fin de l'année, pour améliorer la mise en œuvre de l'accord, ouvrir des négociations agricoles et préparer celles sur les services. Une « Feuille de route » avait été signée en 2008. L'UE souhaite que l'Algérie se tienne au calendrier et aux objectifs retenus, à savoir poursuivre les réformes économiques ; renforcer les politiques commerciales et, sur ce plan, Bruxelles réaffirme son soutien à l'accession de l'Algérie à l'OMC, mais en l'invitant à plus de souplesse dans la protection de son marché; la coopération dans l'énergie ; la circulation de personnes que l'Algérie réclame et, enfin, la lutte contre le terrorisme. Pour calmer l'insatisfaction algérienne, la Commission estime que l'Algérie a surtout un problème de réalisation des objectifs de l'accord alors qu'elle dispose d'un potentiel réel pour attirer les flux d'investissements européens. La condition nécessaire pour qu'elle tire le plus grand bénéfice de l'accord et attire les investissements étrangers, serait, dit-on à Bruxelles, que soit assuré « un cadre stable, prévisible, non discriminatoire et transparent ». Le pays pourra ainsi diversifier une économie trop basée sur les hydrocarbures et Bruxelles entend l'aider à réussir son « processus de modernisation, de libéralisation commerciale et de diversification de son économie ». Des concessions seraient à l'étude sur les conditions d'accès au marché européen pour de nouveaux produits, avec la certitude que l'Algérie ne parviendra pas à remplir ses quotas.

La Commission ne veut d'ailleurs pas que le tableau soit noirci. Des « effets positifs » sont cités, notamment la « qualité » du dialogue politique axé principalement sur la lutte contre le terrorisme et les droits civiques comme sur le dossier du Sahara. L'affichage d'un tel acquis paraît cependant forcé compte tenu de la longue liste de revendications présentée à l'Algérie. Outre les réformes dont la Commission souhaite l'accélération pour intégrer davantage ce pays dans ses échanges avec la rive sud, il y a la question non encore résolue de la coopération énergétique (la question du « double prix » du gaz qui risque de créer des distorsions de concurrence) et les mesures jugées restrictives à l'encontre des entreprises européennes sur le marché algérien. En plus, diverses divergences subsistent sur les questions migratoires (comme tous les pays de la région, l'Algérie n'entend résolument pas signer un « accord de réadmission ») et insiste plutôt sur la liberté de circulation de ses ressortissants en Europe.

Parallèlement, l'UE compte, comme à chaque circonstance, marquer son souci pour les droits de l'Homme dont elle fait un des « éléments essentiels du partenariat ». Tout en reconnaissant que des progrès ont été faits, elle « encourage » l'Algérie à protéger l'exercice des droits fondamentaux et souligne également le problème des « disparitions forcées » sur lequel l'Algérie pourrait donner quelques clarifications. Le ton demeure cependant prudent et dénué de toute mise en cause pouvant compromettre des relations suffisamment délicates par ailleurs avec un pays dont la situation politique demeure fragile et empreinte d'une grande susceptibilité. Sans compter l'intérêt d'asseoir la coopération avec un pays dont la situation financière devenue l'une des plus florissantes dans la région avec la consolidation de ses comptes, par la baisse de son endettement et l'accroissement de ses réserves. Cela devrait, estime la Commission, l'inciter à s'engager sans plus tarder dans une transition vers l'économie de marché et l'amélioration des conditions socio-économiques au profit de la population. L'UE annonce pour sa part qu'elle met à la disposition de l'Algérie 172 millions d'euros (2011-2013) pour encourager les réformes et favoriser la diversification de l'économie, la promotion de l'emploi, le développement durable, la promotion du patrimoine culturel et le renforcement de la vie culturelle algérienne. (F.B.)

 

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