Bruxelles, 11/06/2010 (Agence Europe) - Tous groupes politiques confondus, les députés de la commission Agriculture du Parlement européen ont critiqué, lors de leur réunion du 1er juin, la décision de la Commission européenne (EUROPE n° 10133), confirmée en marge du sommet UE/Amérique latine et Caraïbes du 18 mai (EUROPE n° 10141), de relancer les pourparlers pour un accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela). Plusieurs députés ont en effet insisté sur les risques pour l'agriculture européenne et la PAC de la reprise des négociations. Ainsi, le Britannique George Lyon (ADLE) a demandé que la Commission fournisse davantage d'informations sur sa position de négociation. M. Lyon a appelé à ce que le Parlement soit plus impliqué dans le processus. « Nous assistons au bradage de l'agriculture européenne », a averti l'Irlandaise Mairead McGuinness (PPE). « Nous ne pouvons pas lier les mains de nos agriculteurs avec une régulation excessive et ensuite remplir nos supermarchés avec des produits à bas prix venant de l'extérieur », a estimé le Britannique James Nicholson (ECR). Le Français Christophe Béchu (PPE) a quant à lui souligné la double menace pour l'agriculture européenne de la réouverture des négociations avec le Mercosur en parallèle aux discussions multilatérales du round de Doha. Face à ces critiques, la Commission a rappelé que l'UE a des intérêts offensifs dans ses négociations avec le Mercosur, dans les secteurs des vins, des fromages et des fruits, et en matière de protection des indications géographiques. Elle a également promis de consulter les autres institutions. Un tour de table préliminaire à la reprise des négociations entre Européens et Sud-Américains est programmé fin juin ou début juillet à Buenos Aires. (E.H.)