Bruxelles, 11/06/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a approuvé partiellement, jeudi 10 juin, le projet d'acquisition de la branche «granulats» de Tarmac, membre du groupe Anglo American (établi au Royaume-Uni), par Eurovia, filiale du groupe français Vinci. Elle a estimé que le rachat par cette dernière des activités de Tarmac en Allemagne et en Pologne n'entraverait pas sensiblement la concurrence dans l'Espace économique européen (EEE). Cependant, en ce qui concerne l'acquisition par la même entreprise des activités de Tarmac en France et en République tchèque, elle a confié, à leur demande, l'appréciation de l'opération aux autorités de la concurrence de ces deux pays, jugeant qu'elles seraient mieux à même d'en examiner l'impact dans leurs marchés respectifs.
En effet, l'enquête préliminaire de la Commission sur cet accord, conclu par Eurovia, Tarmac, et Anglo American le 12 février 2010 et notifié à la Commission le 19 avril, avait révélé que l'opération envisagée n'aurait pas posé de problèmes en Allemagne et en Pologne, alors qu'elle aurait entraîné des chevauchements horizontaux majeurs sur les marchés des granulats en France et en République tchèque, faisant craindre à plusieurs parties concernées une incidence négative sur la concurrence. De plus, l'entité issue de la concentration pourrait exercer dans ces deux pays sa puissance de marché sur les marchés en aval des enrobés et des travaux de génie civil (y compris les travaux routiers). Rappelons à cet égard que Eurovia est présente dans la construction et l'entretien des infrastructures routières, l'aménagement urbain, le développement des infrastructures ferroviaires, les interventions particulières sur les infrastructures routières et la production de matériaux, notamment de granulats et d'asphalte, alors que les filiales de Tarmac concernées par l'opération sont présentes, elles, dans la production et la vente de granulats, extraits de carrières ou de mines.
Compte tenu de ces considérations, les autorités françaises et tchèques avaient demandé à la Commission de renvoyer à leurs autorités nationales de concurrence respectives les volets de la concentration concernant les deux marchés, au motif que la concentration menacerait de fausser sensiblement les conditions de concurrence sur leurs territoires respectifs. La Commission a accueilli favorablement cette requête et a autorisé l'opération en Allemagne et en Pologne. (F.G.)