Bruxelles, 11/06/2010 (Agence Europe) - L'IFAH-Europe, l'International Federation for Animal Health-Europe, qui représente les fabricants de médicaments vétérinaires, vaccins et autres produits de santé animale, a organisé sa conférence annuelle, jeudi 10 juin à Bruxelles, sur le thème « la santé animale: pour aider à nourrir une population croissante ». Face à la croissance de la population mondiale et la nécessité de la nourrir, l'industrie européenne de la santé animale s'interroge sur le rôle qu'elle peut jouer. D'ici 2050, les besoins en production de nourriture, dont les besoins en protéines dérivées des animaux (viande, œufs, produits laitiers, miel, poisson), devraient augmenter de 100%. « 20% de la productivité animale est perdue à cause des maladies touchant les animaux. Prévenir et contrôler les maladies existantes et émergentes joue un rôle important dans la sauvegarde du bétail pour nourrir la population mondiale », a expliqué Jeff Simmons, président d'Elanco Animal Health.
Bernard Vallat, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), appelle ainsi l'Europe à penser au-delà de ses frontières. « Il est très important d'aider les pays en développement à développer leurs services vétérinaires et leurs laboratoires pour qu'ils puissent assurer la prévention, la détention précoce et le contrôle des maladies animales. » L'UE est le premier donateur mondial dans le domaine de la santé animale et vétérinaire, ce qui, selon M. Vallat, représente entre 30 et 50 millions de dollars par an. Herman Claeys, vétérinaire attaché à la représentation permanente de la Belgique, a également insisté sur la solidarité, tout comme le représentant espagnol Valentín Almansa de Lara. La Présidence belge du Conseil souhaite aussi mettre l'accent sur l'innovation et la communication auprès des citoyens. En effet, les consommateurs connaissent peu le haut niveau de sécurité alimentaire de l'Union. « L'Union européenne est la seule organisation dans le monde où il y a une harmonisation de la législation. Les résultats sont éloquents, la situation sanitaire est excellente au regard de la santé animale », a insisté M. Vallat, même s'il souhaiterait que soit développée une obligation en matière de réseau de surveillance des maladies sur le terrain car certains pays européens ont encore des lacunes dans ce domaine. « Le prochain défi est de communiquer sur le fait que nous produisons de la bonne nourriture, il est important de vendre la santé animale aux consommateurs», a complété Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca. Et pour faire prendre conscience aux citoyens de l'importance de la santé animale, qui est liée à la santé humaine, la Commission européenne et la fédération des vétérinaires d'Europe organisent, la semaine prochaine, la semaine vétérinaire européenne 2010 sur le thème de « l'identification et la traçabilité dans la chaîne alimentaire ».
Mais si les consommateurs européens sont favorables à la santé et au bien-être animal, le prix reste l'argument numéro un d'achat. L'un des défis de l'UE est donc de rester compétitive, tout en gardant des normes élevées, à la fois pour les produits européens et pour les produits importés. « La compétitivité est liée à un haut niveau de sécurité, a expliqué Paola Testori-Coggi, directrice générale à la direction santé et protection des consommateurs de la Commission européenne. C'est un modèle unique dans le monde. Il est important de maintenir la compétitivité industrielle et de l'agriculture européenne, nous devons promouvoir notre modèle, au niveau de la protection animale et de la protection de l'environnement, à un niveau international ». (C-C.G)