Bruxelles, 11/06/2010 (Agence Europe) - Le Représentant permanent de Belgique auprès de l'UE, Jean De Ruyt, a présenté, vendredi 11 juin devant le European Policy Centre (EPC), les priorités de la future Présidence belge de l'UE au second semestre de cette année: réaction à la crise économique, financière et monétaire ; mise en place complète des nouvelles structures institutionnelles introduites par le Traité de Lisbonne ; accomplissement du marché intérieur ; préparation des négociations internationales sur le changement climatique ; mise en œuvre du programme de Stockholm en matière de justice/liberté/sécurité ; poursuite du processus d'élargissement avec les pays des Balkans et la Turquie. En ce qui concerne la crise de l'euro, « nous devons être préparés à de nouvelles turbulences », a estimé celui qui présidera le COREPER pour six mois à partir du 1er juillet. La Présidence belge supervisera les travaux en cours sur les nouveaux instruments pour renforcer la consolidation budgétaire dans les États membres et pour améliorer la gouvernance économique tout en préparant, parallèlement, la mise en œuvre de la stratégie 2020 qui sera « essentielle » pour revenir à une croissance économique en Europe, a dit M. De Ruyt. « Nous devrons assurer qu'il y ait une cohérence entre nos efforts de consolidation budgétaire et notre agenda européen pour stimuler la croissance économique », a-t-il insisté. La Présidence belge poursuivra évidemment aussi le travail législatif en cours sur la régulation des marchés financiers au sein du Conseil ÉCOFIN qui sera « le Conseil le plus important » pour la Présidence belge. S'agissant de l'élargissement, M. De Ruyt a insisté sur la nécessité de poursuivre le processus d'intégration des pays des Balkans occidentaux « car la région ne pourra pas être stabilisée sans la perspective et l'élan du processus d'adhésion ». Malheureusement, il ne sera pas possible de clore les négociations d'adhésion avec la Croatie d'ici la fin de l'année « mais nous espérons voir d'ici là de la lumière au bout du tunnel », a dit l'ambassadeur belge. Il a aussi estimé que le Conseil Affaires étrangères de lundi (14 juin) allait « certainement » donner son accord à la ratification de l'accord de stabilisation et d'association (ASA) avec la Serbie - un dossier bloqué depuis très longtemps par les Pays-Bas qui reprochent à Belgrade de ne pas coopérer pleinement avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour arrêter les criminels de guerre, notamment Ratko Mladic. À propos de la Turquie, M. De Ruyt a souligné la « détermination » de la Présidence belge d'aller de l'avant dans les pourparlers d'adhésion et d'ouvrir, si possible, quelques nouveaux chapitres. Malheureusement, les négociations n'avancent pas très rapidement « parce que la Turquie n'est pas très rapide dans l'adoption de ses réformes législatives ». Il n'en demeure pas moins que l'Union « doit maintenir l'élan » du processus, « nous ne pouvons pas l'arrêter ». Il est clair qu'en ce temps de crise économique et financière, les États membres « n'éprouvent plus le même enthousiasme » qu'auparavant pour l'élargissement mais la crise et les difficultés liées aux changements institutionnels intervenus au sein de l'UE ne peuvent pas servir de prétexte pour arrêter la politique d'élargissement, a dit M. De Ruyt. En ce qui concerne les nouvelles institutions créées par le Traité de Lisbonne, l'ambassadeur belge a indiqué que l'objectif de la Présidence belge était de les rendre toutes entièrement opérationnelles d'ici la fin de l'année. Il attend un accord sur la création du service européen pour l'action extérieure (SEAE) « en juillet » mais craint que le service ne soit pas encore opérationnel « pendant une grande partie de la Présidence belge » (Catherine Ashton, elle-même, part de l'hypothèse que le service ne sera opérationnel qu'à partir du 1er décembre, Ndlr). Même si ce dossier ne figure pas parmi ses priorités officielles, la Présidence belge entend aussi gérer, mais avec prudence, le débat sur la révision à mi-parcours des perspectives financières 2007-2013 qui débutera au premier semestre 2011 sur base d'une proposition de la Commission attendue pour septembre prochain. Personne n'entend ouvrir la « boîte de Pandore » en modifiant le cadre budgétaire actuel, affirme M. De Ruyt. « Pas question donc d'augmenter les seuils pour les dépenses » à un moment où tous les États membres sont obligés de réduire leurs dépenses. « Nous devons gérer avec ce que nous avons » dans le budget actuel, a-t-il souligné. La présidence belge veillera aussi à ce que la révision à mi-parcours ne complique pas la recherche d'un accord sur le futur nouveau cadre budgétaire 2014-2020, a-t-il dit. (H.B.)