Bruxelles, 15/12/2009 (Agence Europe) - Artistes et professionnels du secteur culturel doivent voyager au-delà des frontières pour élargir le champ de leurs activités et leurs publics, trouver de nouvelles sources d'inspiration et faire évoluer leurs créations, échanger leurs expériences et s'enrichir d'enseignements mutuels. La mobilité transfrontalière des artistes doit donc être favorisée car elle fait partie des expériences menées dans le cadre de l'apprentissage tout au long de la vie et contribue à l'enrichissement professionnel. Les formations reçues en dehors du pays d'origine et toutes autres formes d'apprentissage réalisées à l'étranger doivent par conséquent être comptabilisées dans la somme des compétences issues de l'éducation non formelle et être reconnues comme des formations complémentaires qui enrichissent le curriculum des artistes et professionnels de la culture. Tel est le message préliminaire délivré par une étude comparative consacrée à la mobilité des artistes en Europe et son impact sur leur carrière professionnelle, menée par le réseau ENCATC avec le soutien financier de la Commission européenne, dans le contexte de l'Année européenne de la créativité et de l'innovation 2009. Les premières conclusions de cette étude ont fait l'objet de discussions le 9 décembre dernier à Bruxelles, lors d'un colloque ayant réuni une cinquantaine de participants de huit pays, parmi lesquels des artistes, des décideurs politiques et des chercheurs. La mobilité des artistes est l'une des priorités de l'Agenda européen de la culture qui reconnaît l'importance de l'enseignement des matières artistiques dans le développement de la créativité des individus, a souligné à cette occasion Anna Geukens de la DG Éducation et culture à la Commission, dans son discours d'ouverture. Elle a également rappelé les tenants et aboutissants du cadre stratégique européen de coopération en matière d'éducation et de formation, stipulant l'importance d'acquérir des compétences clés transversales comme des compétences « numériques », sens de l'initiative, esprit d'entreprise mais aussi des connaissances en matière de culture.
Menée dans dix États membres (Belgique, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Slovénie, Espagne et Royaume-Uni) par plusieurs experts, l'étude a révélé des similitudes d'approche et des constats identiques en matière de mobilité des artistes, notamment: 1) la mobilité transfrontalière contribue à l'apprentissage tout au long de la vie des artistes ; 2) des sources d'information fiables sont indispensables pour aider les artistes à réussir leur expérience, lors d'une formation à l'étranger ; 3) les contacts professionnels existants et les réseaux sont des éléments clés pour aider les artistes à recueillir une information « sur mesure » pour leurs déplacements à l'étranger ; 4) il existe un besoin réel d'intégrer la mobilité aux schémas éducationnels initiaux ; 5) le lien entre la mobilité, l'apprentissage tout au long de la vie et les systèmes de financements de la mobilité doit être plus évident ; 6) des statistiques sont nécessaires pour mieux mesurer la quantité et la qualité de la mobilité transfrontalière des artistes.
L'étude fait partie du projet « Artists moving and learning » (octobre 2008-octobre 2010), financé par la Commission dans le cadre du programme « Leonard de Vinci », sous l'égide de l'ENCATC, le Réseau européen des centres de formation d'Administrateurs culturels, un réseau européen regroupant des établissements d'enseignement supérieur et des Centres de formation travaillant dans le champ de la formation en gestion culturelle. Elle sera complétée par des informations supplémentaires recueillies à l'issue des quelque cent cinquante interviews actuellement menées auprès d'artistes et interprètes (danseurs, musiciens, acteurs) et présentées en été 2010. (I.L.)