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Bulletin Quotidien Europe N° 10041
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/agriculture

La situation actuelle ne justifie pas des mesures exceptionnelles, selon Mme Fischer Boel, qui souligne le rôle accru du PE sous le traité de Lisbonne

Bruxelles, 15/12/2009 (Agence Europe) - Le secteur laitier va bénéficier d'une aide d'urgence de 300 millions d'euros dans le cadre du budget 2010, mais d'autres secteurs agricoles connaissent des difficultés qu'on ne peut ignorer. La commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, dans sa dernière intervention devant le Parlement européen, a constaté la réduction de la demande dans beaucoup de secteurs et les difficultés de nombreux agriculteurs, notamment en ce qui concerne l'accès au crédit et les prix. Des estimations sur les revenus des agriculteurs ne seront disponibles que dans une semaine, mais Mme Fischer Boel a rapidement passé en revue la situation en ce qui concerne: (1) les céréales: malgré la baisse significative des prix en 2008, la Commission estime qu'il ne serait pas approprié de prendre des mesures exceptionnelles ; (2) la viande porcine: ici aussi, la baisse ne justifie pas la mise en place d'instruments d'urgence, mais il faut suivre de près la situation ; (3) les fruits et légumes ont connu une baisse sur le plan de la consommation et, pour certains produits, de l'exportation ; environ 40% de la production est assurée par des organisations de producteurs: selon la Commissaire, il faut les encourager à coopérer ; mais ce sont eux qui doivent agir, sans se faire de la concurrence, et sans tout attendre de la Commission ; (4) l'huile d'olive: après la hausse des prix record d'il y a quatre ans, trois bonnes récoltes se sont suivies, et la crise économique a eu un impact faible sur le secteur. Conclusion: les timides signes de reprise n'autorisent pas à lâcher la surveillance. Et il ne faut pas oublier le moyen terme, affirme la Commissaire, notamment en ce qui concerne la valeur ajoutée dans la chaîne alimentaire et la volatilité des prix.

C'est le groupe S&D qui a demandé le 1er décembre que la Commission fasse cette déclaration, a précisé l'Italien Paolo de Castro, qui a été un des nombreux intervenants à souligner l'importance de l'agriculture pour le bien de tous, « du nord au sud », en invitant la Commission à ne pas se borner à des mesures à court terme mais à réfléchir à l'avenir. Pour le PPE, l'Allemand Albert Dess concorde avec cette analyse, en plaidant en outre pour une réduction du fardeau bureaucratique que l'on impose aux agriculteurs « Laissons-les faire ce qu'ils savent faire », implore-t-il. Pour le vert allemand Martin Häusling, c'est toute l'approche de la PAC qui n'est pas bonne: trop de libéralisation, trop d'industrialisation ne peuvent que lui nuire. Dans le même esprit, le Français Patrick Le Hyaric (GUE/NGL) fustige la dérégulation et exige que l'on reconnaisse au travail agricole une « mission d'intérêt général »: la PAC doit être aussi une politique alimentaire, environnementale et territoriale. Et la rémunération du travail agricole doit être assurée par des prix minima de base garantis. D'autres élus, notamment Marian Harkin (ADLE, irlandaise) et John Stuart Agnew (ELD, britannique), sont préoccupés par la position de l'UE en ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés. M. Agnew souhaite une attitude moins maximaliste et plus « pratique » en ce qui concerne l'admission de ces produits. D'autres ont évoqué des problèmes spécifiques: les difficultés des éleveurs d'ovins en Grande-Bretagne (James Nicholson, ECR, Irlande du nord), la crise du blé dur en Italie (Giovanni La Via, PPE), la situation « désastreuse » des petits agriculteurs portugais (Ilda Figueiredo, GUE/NGL). Julie Girling (ECR, britannique) voudrait quant à elle une extension de l'étiquetage à tous les secteurs, spécifiant à la fois l'origine et les ingrédients des produits agricoles. L'Union doit venir en aide aux agriculteurs, selon l'Espagnole Iratxe Garcia Perez (S&D), car la réponse à la crise ne peut dépendre de la capacité de réaction de chaque État.

Vous ne pouvez pas demander à une « Commission en affaires courantes » de prendre des initiatives nouvelles, a déclaré Mme Fischer Boel en conclusion du débat, tout en annonçant que la Commission proposerait mercredi au Conseil un certain nombre de mesures permettant de réduire le poids de la bureaucratie sur les agriculteurs. La Commissaire conteste qu'il n'existe plus de « filet de sécurité » pour les agriculteurs: il y a le filet « continu » des paiements directs, et celui constitué par des mesures exceptionnelles. Le Traité de Lisbonne, a enfin rappelé Mme Fischer Boel, donne un plus grand rôle au Parlement en ce qui concerne la PAC, notamment sous l'angle budgétaire: « Vous allez avoir une énorme influence, et même si ce ne sera plus de la place que j'occupe aujourd'hui, je vous garantis que je vous aurai à l'œil ». (L.G.)

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