Bruxelles, 29/10/2009 (Agence Europe) - Le Sommet social tripartite s'est achevé, jeudi 29 octobre en début d'après-midi, sur le constat qu'il faut formuler un « mandat global » pour la négociation sur le changement climatique à Copenhague et trouver rapidement une solution pour garantir l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne avant la fin de la Présidence suédoise de l'Union. L'Europe connaît une grave crise financière et économique, qui a des conséquences sur l'emploi et la vie des citoyens. Le rôle des partenaires sociaux s'est vu conforté tout comme l'impérieuse nécessité de poursuivre les mesures de relance présentées par la Commission européenne pour sortir de la crise. C'est en ces termes que le Premier ministre suédois et président du Conseil, Fredrik Reinfeldt, s'est adressé à la presse à l'issue de la réunion tripartite.
Précisant sa pensée sur le « mandat global » pour la négociation sur le climat, Fredrik Reinfeldt a dit que « ce mandat devrait nous permettre de demander une contrepartie à ceux qui viendront à Copenhague. Mais les obstacles sont à Prague ! La cour constitutionnelle tchèque a en effet décidé de se prononcer qu'après le Sommet de Copenhague, ce qui laissera peu de place à la discussion ». Mais, a ajouté M. Reinfeldt, « la présidence doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour que le Traité de Lisbonne entre en vigueur avant la fin de son mandat. Nous sommes 26, pas 27 ! Les conditions des Tchèques pour donner leur accord sur ledit traité sont sur la table et les 26 doivent donner leur avis sur ces conditions ».
Le message principal de ce jour est que « tout le monde s'est engagé pour une économie plus verte laquelle constitue un avantage », a indiqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui espère que « le Sommet de Copenhague aura des résultats qui seront partagés par tous et que l'UE continuera à montrer la voie ». « Le changement climatique aura un coût mais c'est aussi une opportunité », a-t-il affirmé. « L'Europe doit être une économie intégrée et verte (…) L'Union fait la force et c'est l'Union qui nous permettra de surmonter la crise ». Le président Barroso a rappelé que l'UE avait toujours été pionnière dans la lutte contre les changements climatiques, regrettant au passage qu'en matière de financement, aucun accord n'a encore été trouvé sur une « réponse définitive en la matière car le débat est en cours ». Le président de la Commission a par ailleurs insisté sur la nécessité, pour sortir de la crise, « de poursuivre les mesures de relance budgétaire et d'autres mesures de soutien à l'économie, jusqu'au moment où nous aurons réussi à surmonter la crise. Les conséquences à long terme pour l'économie et pour l'emploi d'une dette publique excessive seraient désastreuses ». L'ambition déclarée du président est donc « d'orienter l'Europe vers une économie forte, verte et inclusive axée sur de nouvelles sources de croissance et promotrice d'emplois durables et de meilleure qualité. Ceci ne peut se faire sans les partenaires sociaux. Je compte sur leur participation active, en particulier pour développer une vision commune à l'horizon 2020 ».
Lors de la réunion tripartite, le commissaire aux Affaires sociales, à l'Emploi et à l'Égalité des chances, Vladimir Spidla, s'est adressé en ces termes aux partenaires sociaux: « La crise a montré la vulnérabilité de notre économie, mais elle a aussi démontré la résistance du modèle social européen et en particulier l'importance des systèmes de protection sociale. Pour cette raison, l'emploi et les mesures de protection sociale doivent avoir toute leur place au sein de la nouvelle stratégie UE 2020 ». Le commissaire a émis le souhait que soit abordé « ensemble le futur défi qui est de passer d'une politique de gestion de la crise à une stratégie de croissance à long terme ».
Quant aux partenaires sociaux européens - ETUC, BUSINESSEUROPE, CEEP et UEAPME, ils demandent d'être pleinement associés à la définition de la future stratégie UE 2020. Le secrétaire général de la CES, John Monks, a souligné qu'il faut continuer à insister sur le système financier pour bien planifier notre sortie de crise. « Il faut être sûr et certain que nous sommes réengagés dans la croissance », a-t-il noté en insistant sur l'emploi et la création d'emplois ainsi que sur une coordination européenne en ce qui concerne les plans de relance, bref sur la nécessité de renforcer le rôle de la Commission. En matière de changement climatique, « l'Europe a une responsabilité morale », a estimé John Monks qui demande d'évaluer l'impact social d'une transition vers une économie verte, transition qui ne doit pas se faire au détriment des travailleurs. Le directeur général de BUSINESSEUROPE, Philippe de Buck, a demandé de « conserver un équilibre entre les exigences de la lutte contre le changement climatique et celles des entreprises ». (G.B.)