Bruxelles, 29/10/2009 (Agence Europe) - Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), s'est dit, mercredi 28 octobre, « profondément préoccupé » de savoir que des « maisons palestiniennes situées à Jérusalem-Est » ont été « récemment démolies ». « De telles actions minent les efforts de la communauté internationale (visant à) relancer de façon 'crédible' les négociations pour une paix juste et durable ». M. Solana appelle « tout le monde à ne pas courir le risque d'escalade à Jérusalem-Est ». Depuis la fin septembre mais surtout depuis la fin de la semaine dernière des heurts persistants ont lieu sur l'esplanade de la mosquée Al-Aqsa que des extrémistes juifs tentaient d'occuper « pour prier ». Les Palestiniens ont saisi le Conseil de sécurité de l'ONU. Le représentant permanent des Palestiniens à l'ONU, Riyad Mansour, a appelé à agir d'urgence pour faire cesser ce qu'il a qualifié d'« actes illégaux et agressifs » de la part d'Israël à Jérusalem.
On apprend par ailleurs que le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a demandé au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de ne pas tenir compte du rapport Goldstone et de ne pas le transmettre à l'Assemblée générale des Nations unies ou au Conseil de sécurité. Ce document, qui met en cause Israël lors de la guerre de Gaza fin 2008, est qualifié d'« inique, saugrenu et unilatéral » par les Israéliens. Il doit normalement être examiné par l'Assemblée générale de l'ONU d'ici à la fin décembre. Cet examen n'est pas encore acquis. Les États-Unis demeurent circonspects tout autant que l'UE. Deux États membres, en l'occurrence la France et le Royaume-Uni, ont demandé à Israël de réagir en menant sa propre enquête interne sur les événements de Gaza et qu'elle soit « indépendante et transparente », comme l'y invite le rapport Goldstone. « Nous sommes conscients que le rapport Goldstone est une question sensible pour Israël et pour les Palestiniens », écrivent Nicolas Sarkozy et Gordon Brown dans leur lettre au Premier ministre israélien. Les deux pays, qui n'ont pas pris part au vote à Genève (Commission des droits de l'Homme de l'ONU) sur le rapport incriminant Israël (et Hamas), espèrent parer au risque de blocage des pourparlers et « encourager une amélioration de la situation sur le terrain ». (F.B.)