Bruxelles, 08/07/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, mercredi 8 juillet, un Livre vert sur la mobilité des apprenants. Intitulé « Promouvoir la mobilité des jeunes à des fins d'apprentissage », le document veut engager un débat sur la meilleure façon d'accroître les possibilités qu'ont les jeunes Européens de développer leurs connaissances et leurs compétences à l'étranger et ouvre une consultation publique visant à recueillir l'avis des parties prenantes sur la question. « La mobilité dans une perspective d'apprentissage (…) contribue au renforcement des compétences, des connaissances linguistiques et des aptitudes interculturelles et permet aux particuliers comme aux entités d'innover davantage et d'être mieux armés face à la concurrence internationale (…) C'est important pour la vigueur et la durabilité de la reprise économique », souligne le commissaire Ján Figel, responsable pour l'éducation et la formation. L'objectif du Livre vert est de définir les moyens à mettre en œuvre pour mobiliser les instances publiques, les entreprises, les organisations de la société civile et les particuliers. Le processus de consultation publique durera jusqu'au 15 décembre 2009.
Le 20ème anniversaire du programme de mobilité étudiante Erasmus en 2007 a donné lieu à de nombreux débats sur les bénéfices de la mobilité dans l'enseignement supérieur et sur la nécessité d'amplifier ce phénomène à l'avenir. Un consensus clair en faveur d'une multiplication des possibilités de mobilité au profit d'un nombre plus important de jeunes a émergé de ce processus et le Conseil a demandé à la Commission, en novembre 2008, de formuler des propositions pour permettre à tous les jeunes de faire un séjour à l'étranger. Par ailleurs, le communiqué de Leuven, adopté le 29 avril dernier par les ministres de l'Éducation supérieure des pays participant au processus de Bologne, fixe comme objectif, en matière de mobilité, que d'ici 2020, 20% des étudiants finissent leurs études forts d'une expérience internationale. Plus récemment encore, la communication de la Commission sur l'emploi de juin 2009 cite la mobilité comme l'une des priorités clé pour lutter contre la récession économique actuelle et favoriser la création d'emplois. Malgré les programmes, outils et initiatives développés par l'Union européenne pour favoriser la mobilité - le programme Erasmus, l'Europass ou encore le Système européen de transfert d'unités de cours capitalisables (ECTS) pour l'enseignement supérieur - la mobilité reste l'exception alors qu'elle devrait être la règle. En 2006, seuls 0,3% des jeunes âgés de 16 à 29 ans se sont rendus à l'étranger grâce aux programmes européens. «La mobilité ne doit pas concerner un secteur unique mais d'autres secteurs (…) Nous voulons répercuter les bénéfices du programme Erasmus à d'autres secteurs » comme la recherche, l'enseignement professionnel et les apprentis, l'enseignement secondaire, les échanges de jeunes et le volontariat, la sphère culturelle, les jeunes entrepreneurs et la société civile, a indiqué le commissaire Figel. La mobilité peut en outre créer des opportunités d'emplois pour les jeunes chômeurs. Selon M.Figel, davantage de valorisation et de reconnaissance des connaissances et des diplômes dans les États membres permettrait de motiver les jeunes Européens à poursuivre une formation à l'étranger.
Le Livre vert veut ouvrir le débat à toutes les parties prenantes afin de définir les jalons adéquats pour concrétiser ces objectifs de mobilité. En particulier, le document: 1) cherche à promouvoir une « mobilité organisée de l'apprenant »: la mobilité doit mener à des résultats d'apprentissage et à une valorisation des qualifications, crédits et/ou expériences professionnelles, que ce soit dans le cadre de l'apprentissage formel ou non formel. Elle peut aussi concerner des activités de volontariat et d'autres formes nationales de promotion de la mobilité, y compris des programmes développés dans le secteur privé ; 2) se concentre sur la mobilité entre les pays participant aux programmes européens tout en cherchant à développer les échanges avec les pays tiers ; 3) veut favoriser non seulement la mobilité transfrontière mais aussi entre les secteurs concernés (écoles, universités, entreprises, etc.) et intersectorielle (entre le monde de l'éducation et le monde de l'entreprise, l'action volontaire etc.) ; 4) se focalise sur la mobilité « physique » des personnes tout en reconnaissant la valeur ajoutée de la mobilité « virtuelle » (échanges réalisés via les nouvelles technologies d'information et de communication dans un contexte d'apprentissage particulier), comme l'envisage le programme Comenius E-Twinning ou via les réseaux sociaux ; 5) se concentre sur la mobilité des jeunes (la tranche d'âge 16-35 ans). Ce qui ne veut pas dire que la mobilité n'est pas encouragée pour tous les groupes d'âge, souligne la Commission.
Dans le cadre de la consultation publique, le Livre vert pose une série de questions et invite les parties intéressées à exprimer leur avis sur divers points. Par exemple: 1) comment convaincre plus de jeunes d'aller à l'étranger pour y acquérir de nouvelles connaissances et compétences et de l'expérience ? 2) quels sont les obstacles à surmonter en matière de mobilité ? 3) comment l'ensemble des parties prenantes peuvent-elles unir leurs forces dans le contexte d'un nouveau partenariat pour la mobilité des apprenants ? Le questionnaire sera disponible dès le 15 juillet sur http: //ec.europa.eu/dgs/education_culture/consult/index_fr.html (I.L.)