login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9903
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/commission

Pour assurer sa « capacité d'action internationale » en 2009, l'UE ne doit pas retarder la désignation du président de la Commission

Bruxelles, 15/05/2009 (Agence Europe) - L'entourage de José Manuel Barroso tient à ce que le Conseil européen des 18/19 juin désigne son candidat pour la présidence de la prochaine Commission européenne et que le Parlement européen nouvellement élu vote sur cette candidature dès sa réunion constitutive le 15 juillet. Le respect de ce calendrier - conforme aux conclusions du Conseil européen de décembre 2008 - est crucial pour « assurer la stabilité institutionnelle, la continuité politique et la capacité d'action de l'Union européenne » au cours du second semestre 2009 qui sera ponctué d'importants rendez-vous internationaux, affirme João Vale de Almeida, le chef de cabinet du président de la Commission, dans un entretien avec EUROPE. Retarder la procédure de renouvellement de la Commission en cette période de crise économique et financière et d'incertitude sur l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne serait rendre encore plus imprévisible une fin d'année 2009 qui sera de toute façon « perturbée », estime-t-il. Or, il est important que l'UE et la Commission se présentent « dans une position forte » au sommet du G8 début juillet en Italie, au sommet du G20 à New York (septembre) ou encore à la réunion de haut niveau de l'ONU sur le changement climatique (septembre) qui doit préparer la conférence de Copenhague de décembre. « C'est pour cela que nous disons qu'il est important de suivre les conclusions du Conseil européen de décembre et de régler au plus vite possible, c'est-à-dire en juin-juillet, la question du président de la Commission. Nous considérons cela comme un facteur de stabilité nécessaire à la bonne continuation des travaux à l'échelle européenne et à la bonne défense des intérêts européens sur le plan international », insiste le bras droit de M. Barroso.

La Commission a reçu des « assurances » de la Présidence tchèque que les conclusions du Conseil européen de décembre seront respectées « d'ici fin juin », aussi bien en ce qui concerne la désignation du président de la Commission que pour les garanties juridiques à donner aux Irlandais sur le Traité de Lisbonne. « Nous n'avons aucune raison de douter ni de la volonté ni de la capacité de la Présidence tchèque à compléter ce travail », dit M. Vale de Almeida. Le Parlement européen, par la voix de son président Hans-Gert Pöttering, s'est également engagé devant le Conseil européen à voter sur le nouveau président le 15 juillet. « La Commission considère que le nouveau parlement qui sortira des élections sera tenu par cet engagement ».

À partir du moment où le candidat-président sera investi par le PE, il pourra commencer la démarche en vue de constituer sa future équipe. Le nombre des commissaires ne sera connu qu'après le référendum irlandais. Si le « oui » l'emporte, le Conseil européen se réunira fin octobre pour décider (comme il l'avait déjà anticipé en décembre 2008) que la Commission continuera à compter autant de commissaires que de pays membres. Une fois cette décision prise, le président-désigné pourra présenter au Conseil européen et au PE sa nouvelle équipe. « Les auditions au PE risquent de durer au-delà du 31 octobre (fin de mandat de la Commission), ce qui veut dire qu'il faudra que la Commission actuelle reste un peu plus longtemps en place pour qu'il n'y ait pas de vide », prévoit M. Vale de Almeida qui rappelle que cette pratique avait déjà été suivie en 2004. L'entrée en fonction de la nouvelle Commission dépendra en fin de compte de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et du vote final au PE sur l'ensemble du collège, conformément au nouveau traité. Au cas où les Irlandais refusaient une deuxième fois le Traité de Lisbonne, « alors c'est le traité de Nice qui reste d'application », ce qui veut dire que le Conseil européen (fin octobre) devra prendre une décision sur la réduction de la future Commission qui comptera forcément moins de 27 membres, explique-t-il.

Candidat Barroso. M. Vale de Almeida réfute la critique selon laquelle M. Barroso (qui, rappelons-le, ne s'est pas encore officiellement porté candidat) apparaîtrait comme « le candidat du Parti Populaire Européen » (PPE). « Oui, il est soutenu par sa famille politique, mais il est plus que ça puisqu'il a le soutien de trois familles politiques représentées au Conseil européen », souligne-t-il, rappelant que le président a déjà reçu le « soutien spontané d'une majorité écrasante » des dirigeants, dont cinq socialistes (Gordon Brown, José Luis Zapatero, José Socrates, Robert Fico, Serguei Stanichev) et trois libéraux (Matti Vanhanen, Lars Lokke Rasmussen, Andrus Ansip). Si les socialistes et les libéraux n'ont pas de candidat « ce n'est pas la faute de M. Barroso », affirme M. Vale de Almeida qui demande que son patron soit jugé « non pas sur son appartenance politique, mais sur son bilan et sa capacité à affronter les défis de l'avenir ».

Méthode Barroso. Le chef de cabinet défend aussi la « méthode Barroso » qui se veut « réaliste » et focalisée sur l'obtention de « résultats concrets » en faveur des citoyens européens, plutôt que de cultiver des visions idéalistes ou lancer des propositions irréalisables. « Ce que nous voulons faire ce sont des propositions qui tiennent la route et qui ont une chance d'aboutir. Notre objectif n'est pas de faire de belles propositions qui représentent un monde idéal, mais qui ne passent pas au Conseil ou au Parlement et qui restent dans les tiroirs. Le président Barroso ne veut pas une Commission qui soit un 'think thank' ou une instance académique. Il veut des résultats », dit-il. (H.B.)

 

Sommaire

JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE