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Bulletin Quotidien Europe N° 9903
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

Face à la crise, la Commission européenne a fait « plus que le maximum »

Bruxelles, 15/05/2009 (Agence Europe) - En prônant l'Europe des résultats, la Commission Barroso accepte d'être jugée sur les siens. Mais les critiques sur son inactivité face à la crise financière et économique ne tiennent compte ni des faits ni du cadre de ses compétences, se défend João Vale de Almeida.

« Je ne peux qu'être surpris par ceux qui disent que l'Union a mal répondu à la crise », a regretté le chef de cabinet du président José Manuel Barroso, lors d'un entretien avec EUROPE, réalisé jeudi 14 mai. « Si on me dit que la Commission n'a pas prévu cette crise dans toute son ampleur, je dis oui, mais qui l'a fait ? (…) Personne ». En revanche, si l'on regarde la réaction qui a suivi le déclenchement de la crise, elle a agi avec responsabilité et détermination. Comme ils l'ont fait sur la question climatique, les Européens, et la Commission européenne en particulier, ont affirmé leur leadership, ajoute-t-il. Mais avec quel degré d'ambition ? « Est-ce qu'on aurait pu approcher la crise financière avec la même attitude, la même approche (que pour le changement climatique, Ndlr) ? Non, ce sont des domaines différents », insiste M. Vale de Almeida. D'une part, « au début de la crise financière, la situation était extrêmement sensible sur les marchés, où la règle absolue est la prudence » et, d'autre part, « nous avions des points de vue assez divergents entre nos États membres » (d'aucuns diraient des intérêts divergents entre les États membres). « Nous devions donc gérer une situation hypersensible sur ces deux plans », précise-t-il.

Sans parler d'une certaine retenue de la Commission dans son pouvoir d'initiative, M. Vale de Almeida concède que le choix de faire une proposition dépend de l'opportunité de voir le projet aboutir. Un tel choix ne peut en tout état de cause pas être isolé du contexte et la crise actuelle rend donc improbable toute initiative sur certains sujets sensibles, comme les euro-obligations, qui divisent mais en qui certains verraient une réponse européenne commune forte à la crise. « Est-ce le moment de venir avec la dernière bonne idée et de la lancer dans la nature ? Je voudrais savoir ce qu'on aurait dit sur la Commission si elle s'y était risquée ? On aurait crié à l'irresponsabilité totale de la Commission, dit qu'elle vit dans un monde virtuel, qu'elle n'agit pas en connaissance des marchés, qu'elle ne connaît pas la réalité politique et économique. Non, ce que la Commission a fait, c'est avant tout: unir les États membres, éviter des divisions entre eux et soigneusement traiter avec les marchés », insiste le chef de cabinet, qui confirme la difficulté de la tâche. « Nous avons, au jour le jour, avec les consensus possibles au sein des États membres, avec le soutien énorme de la Présidence française à l'époque et des autres États membres, construit un édifice d'orientations et même de législations qui représente la réponse européenne », souligne-t-il.

Parmi les récentes propositions, celle sur les fonds alternatifs (EUROPE n° 9892) a suscité beaucoup d'attentes, souvent renforcées par la réticence initiale du commissaire en charge du dossier, Charlie McCreevy, à lancer une initiative législative spécifique. Si certains soulignent que M. Barroso est intervenu pour remanier le projet de texte, son chef de cabinet retient surtout que le résultat est à la hauteur de l'enjeu et paraît « viable ». « La proposition finale adoptée par le collège est une proposition équilibrée, qui répond à l'essentiel du problème et elle a de bonnes chances de survivre au processus institutionnel d'approbation », souligne M. Vale de Almeida. « Pour nous, elle est fidèle au rapport de Larosière (…), elle est fidèle à nos engagements à l'égard du G20, elle respecte le système juridique européen et nos engagements internationaux à l'égard des pays tiers, elle représente le point d'équilibre au sein du collège et nous espérons qu'elle sera très proche du point d'équilibre au sein du Conseil et du PE ». En attendant une première lecture par le Parlement et le Conseil (procédure de codécision), certains États membres ont déjà manifesté des réserves concernant la délivrance, à terme, d'un passeport européen pour les fonds de pays tiers respectant les exigences de la directive.

Est-ce à dire que pour faire face à la crise, la Commission a fait le maximum que l'on pouvait attendre d'elle dans le cadre européen ? « Je dirais que c'est même plus que le maximum », rectifie M. Vale de Almeida. Si la Commission ne s'efface pas, selon lui, devant les États membres et leurs propres priorités, elle a aussi pris toute sa place au plan international en façonnant la réponse globale à la crise. « Dire que la Commission est absente, qu'elle ne joue pas son rôle, qu'elle est affaiblie, sur ce plan-là, je ne vois pas comment », souligne M. Vale de Almeida. Avant la crise, « la Commission n'existait pas au G20, maintenant elle est représentée à tous les niveaux » et entend bien poursuivre sur cette voie. « On n'a pas d'ambition si on n'a pas les moyens. Nous avons maintenant les moyens de participer activement à ces instances et nous allons jouer le rôle qui est le nôtre », lance celui qui est le « sherpa » de la Commission au G8 et au G20 et planchera donc encore sur tous ces sujets en vue des prochaines réunions. (A.B.)

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