Bruxelles, 15/05/2009 (Agence Europe) - Les députés verts du Parlement européen déplorent la politique de l'autruche menée par la Commission européenne au moment où l'Italie renforce drastiquement sa politique de lutte contre l'immigration illégale. Les députés italiens ont adopté, mercredi 13 mai, sous la pression de l'extrême-droite une loi controversée sur la sécurité intérieure et l'immigration qui va placer l'Italie parmi les pays les plus sévères en Europe dans la lutte contre l'immigration clandestine. Cette loi emboîte le pas au refoulement direct de 500 migrants vers la Libye la semaine dernière en vertu d'un traité d'amitié italo-libyen signé en août 2008. « Aux abonnées absentes de sa propre raison d'être, la Commission s'est bien gardée d'analyser le texte de l'accord à la lumière des Traités. Et rien ne lui semble désormais plus efficace que le silence sur ce dossier », a regretté la Française Hélène Flautre (Verts/ALE), présidente de la sous-commission des droits de l'Homme du Parlement européen. « Nous appelons la Commission à prendre ses responsabilités en saisissant la Cour de justice des Communautés européennes pour examiner la conformité du traité d'amitié italo-libyen et de la loi contre l'immigration illégale avec les traités européens », a-t-elle ajouté. « En acceptant que l'Italie soit le fer de lance d'une Union européenne qui externalise illégalement la gestion de ses frontières en s'appuyant sur des dictatures, la Commission européenne oublie que le principe de non refoulement est au cœur du droit qu'elle doit faire respecter », a conclu la députée. Le président de la commission des libertés civiles du Parlement européen, le Belge Gérard Deprez (ADLE), a quant à lui écrit une lettre au commissaire Jacques Barrot, pour qu'il réponde à des questions précises: « Quel est le statut juridique du point de vue du droit international et communautaire des personnes interceptées par les autorités italiennes? Quel est le régime applicable à ces personnes (…) Dans quelles conditions d'éventuels demandeurs d'asile peuvent être renvoyés dans un pays, qui n'est pas partie à la Convention de Genève? Si l'accord bilatéral Italie/Libye couvre aussi des aspects de compétence communautaire, et si tel est le cas, comment ces aspects ont-ils été pris en compte? ». Le député demande enfin à M. Barrot qu'il lui transmette l'intégralité des clauses de cet accord qui relèvent des compétences communautaires. Le Parlement italien a donné son feu vert, mercredi, à un projet de loi controversé contre l'immigration illégale prévoyant que toute entrée ou séjour illégal en Italie devienne un délit passible d'une amende de 5 000 à 10 000 euros. Le projet prévoit également que les séjours en centre d'identification et d'expulsion passent de deux à six mois et que les personnes reconnues coupables d'avoir hébergé ou loué un logement à des clandestins risquent jusqu'à trois ans de prison. Le Sénat doit désormais voter le texte, dans les mêmes termes pour que la loi entre en vigueur. (B.C.)