Bruxelles, 15/05/2009 (Agence Europe) - Les ministres des 26 États membres participant au comité directeur de l'Agence européenne de défense feront, lundi 18 mai à Bruxelles, le point sur les principaux chantiers en cours:
1) Transport stratégique: la création de la flotte européenne de transport aérien (EATF selon l'acronyme anglais) progresse lentement depuis la signature, en novembre 2008, par 12 États membres d'une déclaration d'intention. La prochaine étape devrait se traduire par la signature d'une lettre d'intention (letter of intent) lors du prochain comité directeur au niveau ministériel en novembre 2009. Plus précise, cette lettre devrait définir les objectifs et les grands principes de cette initiative, qui devrait en définitive couvrir tous les types d'aéronefs et pas seulement l'Airbus A 400 M. Les États membres devraient aussi entériner une approche large qui pourrait couvrir à la fois l'acquisition conjointe de nouvelles capacités de transport, le regroupement d'États membres pour des activités de maintenance ou d'entraînement, et l'échange d'heures de vol.
2) Hélicoptères: les ministres feront le point sur les activités menées par l'AED pour la formation des pilotes (20 pilotes tchèques ont déjà bénéficié d'un entraînement en vue de leur déploiement dans le cadre de l'opération militaire de l'OTAN en Afghanistan) et la modernisation d'hélicoptères Mi-17 et Puma. À l'issue d'une procédure de silence, les ministres devraient être en mesure d'officialiser l'accord qui verra le programme de développement du futur hélicoptère lourd confié à l'AED sous la forme d'un projet de catégorie B. Une phase d'études devrait être lancée rapidement et durer environ trois ans. Lors de la conférence annuelle de l'AED, Javier Solana avait appelé les États-Unis à s'intéresser à ce projet, les besoins des États européens n'excédant guère les 200 à 300 exemplaires.
3) MUSIS: l'agence, qui s'est vu confier une partie du travail concernant le futur programme d'observation satellitaire de six États membres (France, Allemagne, Italie, Belgique, Espagne, Grèce), a commencé à travailler sur (1) l'extension du programme à d'autres États membres (deux pays ont manifesté un intérêt à ce stade très préliminaire), (2) l'identification des besoins des utilisateurs potentiels de l'UE dans le cadre d'une opération de la PESD et (3) l'identification des synergies possible avec GMES/Kopernikus.
4) BIO-EDEP: l'AED va lancer un nouveau programme baptisé BIO-EDEP qui vise à renforcer la protection des soldats contre les agents biologiques, y compris au niveau de la détection, de l'identification et de la surveillance. Il s'agit de parvenir à terme au développement d'un système de nouvelle génération. Le coût d'un tel programme est estimé à 100 millions d'euros. La phase d'étude devrait durer 20 mois.
5) Coopération entre l'AED et le programme-cadre: des discussions sont en cours avec la Commission européenne en vue d'établir un cadre permettant de mieux coordonner les efforts du programme-cadre de recherche et les activités de recherche de l'AED (de telles synergies existent déjà pour certains projets comme la radio logicielle)
Les ministres devraient aussi avoir un échange de vues sur une modification de l'action commune qui établit l'agence en vue de remplacer le système actuel de programmation budgétaire triennale (qui impose un encadrement trop figé à l'évolution du budget de l'AED) vers une programmation glissante qui resterait triennale mais serait revue annuellement sur la base du programme de travail de l'Agence. (O.J.)