Bruxelles, 15/05/2009 (Agence Europe) - Les efforts que l'UE a déployés dans le cadre de sa première opération maritime EU NAVFOR ATALANTA vont « dans la bonne direction », a déclaré, mercredi 13 mai, le contre-amiral britannique Philip Jones qui commande cette opération depuis le quartier général de Northwood.
Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), les navires de l'EU NAVFOR ont protégé l'acheminement de 131 00 tonnes métriques d'aide à la population (soit une quantité capable de nourrir 1,5 million de personnes). Lors d'une conférence de presse, la dernière avant de prendre un autre commandement au sein de l'état-major de la marine britannique, l'amiral Jones a estimé, mercredi 13 mai, que l'opération a répondu à toutes les demandes de protection faites par le PAM (23 navires escortés et 9 autres en cours d'être escortés ou programmés pour les prochaines semaines) et contribué à la réduction du nombre d'attaques réussies. Sur 102 attaques contre les navires marchands survenus dans la Golfe d'Aden et au large de la Somalie depuis mi-décembre, début de l'opération, seules 31 ont réussi, a précisé l'amiral. « Nous assistons toujours à un nombre significatif d'attaques » mais « c'est nettement mieux que les chiffres des derniers trois mois de 2008 », a-t-il insisté en soulignant que d'autres facteurs que la seule NAVFOR ont contribué à cette diminution: la période de mousson au début de l'année, le renforcement de la présence d'autres navires militaires (la Task Force 151 américaine, le premier groupe maritime de l'OTAN SNMG1, la présence individuelle des navires comme ceux de la Russie, l'Inde ou l'Égypte) et la coordination entre ces acteurs ainsi que les actions prises au sein de la communauté maritime internationale. Par ailleurs, il a laissé à la décision individuelle de chaque État concerné, l'autorisation de la présence de gardes armés à bord des navires marchands. Pour assurer de cette façon la protection de tous les navires qui naviguent dans la zone, « il en faudrait 12 ou 15 000 », a-t-il estimé en qualifiant cette mesure d'impraticable. Le nombre de navires détenus a baissé, de 16 navires détenus par les pirates « peu avant le début d'Atalanta » à 6 en mars 2009 et de nouveau 14 dans les dernières semaines - la reprise des attaques étant facilitée par la fin de la période de mousson, la reprise de l'insurrection dans le pays et l'extension de la zone d'opération par les pirates qui s'aventurent jusqu'à 500 à 600 milles marins à partir des côtes somaliennes. Toutefois, les périodes de détention se sont nettement raccourcies, et les processus de négociations avec les pirates ont accéléré, ne dépassant pas, dans certains cas, une semaine, a estimé le contre-amiral britannique. En insistant sur les aspects économiques et sociaux de la piraterie, l'amiral Jones a en même temps mis l'accent sur les poursuites judiciaires à l'encontre des pirates. « Si nous voulons prévenir la piraterie », il faut que les pirates capturés sachent « qu'il y a une chance énorme qu'ils seront poursuivis et jugés », a-t-il insisté en ajoutant qu'il y va de la crédibilité de l'opération. À ce stade, 52 pirates ont été faits prisonniers dont 39 ont été remis aux autorités kenyanes conformément à l'accord signé entre l'UE et le Kenya en mars dernier. D'autres pays de la région pourraient coopérer à l'opération européenne. Les négociations sont en cours avec la Croatie, la Roumanie et la Suisse, qui à leur tour pourraient contribuer à l'opération en plus des 9 États membres de l'UE qui le font déjà. Bien que les avis convergent sur la nécessité de poursuivre un effort global de lutte contre la piraterie, il n'est toujours pas certain que le mandat de l'EU NAVFOR sera prolongé au-delà de décembre 2009. L'amiral a estimé que la présence militaire devrait être assurée, « pas forcément par l'UE ». « Si nous devons nous arrêter, il faut que nous soyons sûrs que l'effort » engagé par l'opération européenne « sera poursuivi », a-t-il insisté. (A.By.)