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Bulletin Quotidien Europe N° 9897
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/fiscalitÉ

M. Juncker voit rouge après les propos de Peer Steinbrück - Que valent les décisions du Conseil européen ?

Bruxelles, 07/05/2009 (Agence Europe) - En mettant sur le même plan le Luxembourg, le Liechtenstein, la Suisse, l'Autriche et Ouagadougou (capitale du Burkina Faso) pour leurs pratiques en matière de transparence fiscale, Peer Steinbrück a attisé la colère de Jean-Claude Juncker, déjà furieux de l'attitude de ses partenaires européens du G20 et des attaques répétées contre le secret bancaire luxembourgeois. Dans un entretien au quotidien luxembourgeois Wort du 7 mai, le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois riposte aux déclarations de son homologue allemand, qui avait indiqué, en marge du Conseil ÉCOFIN à Bruxelles mardi 5 mai, son intention d'inviter tous ces pays à une prochaine conférence de l'OCDE sur les paradis fiscaux à Berlin. Le ton ironique de cette comparaison déplaît au Luxembourg dont le parlement a même voté une résolution condamnant ces propos et où l'on dénonce une telle arrogance. L'attitude de M. Steinbrück « montre une manière de traiter les plus petits voisins qui est inacceptable », regrette M. Juncker, qui fustige aussi la condescendance vis-à-vis de pays africains. Les relations germano-luxembourgeoises « souffrent considérablement des attaques du ministre des Finances allemand », qui s'il est qualifié pour s'occuper des finances de son pays, « ne serait toutefois pas un choix idéal pour occuper un poste plus sensible au sein du gouvernement allemand ». Sur le fond, « je ne demande pas que l'Allemagne donne sa bénédiction à la politique fiscale luxembourgeoise. Mais j'attire l'attention sur le fait que nous sommes d'accord pour respecter les normes de l'OCDE et pour accepter l'échange d'informations sur demande. Il n'y a donc pas de raison légitime de décrire le Luxembourg comme un paradis fiscal », insiste M. Juncker, qui rappelle sa surprise après l'inclusion, lors du G20, de pays européens sur les listes noire, grise ou blanche de l'OCDE (classant les pays selon leur degré de coopération en matière d'échanges d'informations fiscales). Une décision qui va à l'encontre de la décision unanime du Sommet de mars et interpelle le Premier ministre luxembourgeois. « Je vais, lors du prochain Conseil européen fin juin, poser la question de savoir si les décisions unanimes du Conseil ne lient plus tous les membres lorsqu'ils s'assoient à d'autres tables ». Il en va de la « cohérence » dans le fonctionnement même de l'UE. (A.B.)

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