Bruxelles, 07/05/2009 (Agence Europe) - Un nouvel incident est survenu, mercredi 6 mai, entre l'Italie et Malte après que deux bateaux, avec à bord 140 migrants, aient été localisés à moins de 100 km de l'île italienne de Lampedusa, mais dans la zone de recherche et de sauvetage de Malte. Pendant plusieurs heures, les deux pays se sont renvoyés la responsabilité du sauvetage des migrants, qui ont, au final, été emmenés à Lampedusa. C'est le quatrième événement du même type qui se déroule ce mois-ci en Méditerranée, les deux pays s'accusant mutuellement de ne pas respecter leurs obligations internationales. Malte n'a pas signé le dernier amendement de la convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritime (Search And Rescue - SAR). Ainsi, pour Malte, toute personne retrouvée dans la zone de recherche et de sauvetage doit être amenée au port le plus proche le plus sûr. L'Italie a, quant à elle, signé le dernier amendement selon lequel tout immigré retrouvé dans la SAR d'un pays tombe sous la responsabilité de ce pays.
Ce différend entre Malte et l'Italie à propos de l'accueil des migrants sauvés en Méditerranée n'est pas prêt de s'arrêter. Les autorités maltaises ont en effet décidé, lundi 4 mai, que les migrants se trouvant à bord d'un bateau qui n'est pas en état de naviguer en Méditerranée seront débarqués dans le port le plus proche. Dans les autres cas, les migrants recevront l'aide nécessaire « pour être capables de continuer leur voyage sans danger » vers l'Italie, selon une information divulguée par le Times of Malta. Les besoins d'assistance seront toutefois déterminés au cas par cas. Cette décision du gouvernement maltais est intervenue seulement quelques jours après un autre incident. Fin avril, un bateau transportant à son bord 66 migrants a été accueilli par Malte pour des « raisons humanitaires » après que l'Italie eut refusé de les laisser débarquer à Lampedusa, a indiqué le gouvernement maltais. Pourtant, les migrants ont été repêchés en mer près de l'île italienne de Lampedusa. Le commissaire européen chargé de l'Immigration, Jacques Barrot, s'est refusé à toute nouvelle intervention entre les deux pays. Il a seulement indiqué, mercredi 6 mai, qu'il soulèverait la question lors du Conseil Justice et Affaires intérieures début juin. « Nous allons essayer d'aider, autant que nous le pouvons, Malte et l'Italie, mais il est vrai qu'il faut une prise de conscience à l'échelle de l'Europe, à l'échelle de tous les États membres, d'une situation qui ne peut pas être laissée ainsi à la seule charge de deux États membres », a-t-il conclu. (B.C.)