Prague, 07/05/2009 (Agence Europe) - « Interconnectivité »: voilà le leitmotiv répété à plusieurs reprises à l'ouverture, jeudi 7 mai à Prague, de la conférence « Research Connection », soit la plus importante conférence sur la recherche de l'année. Le centre des congrès de la ville aux cent clochers est transformé pendant deux jours en un salon d'exposition, puisque plusieurs projets thématiques financés par l'UE sont présentés au public via une quarantaine de stands d'exposition. Le but est de tisser un réseau et de créer des connexions entre les scientifiques, les industriels et les gestionnaires de recherche mais aussi entre les trois pôles du « triangle de la connaissance » (éducation, recherche, innovation).
« C'est en consolidant ce triangle de la connaissance que nous pourrons sortir de la crise actuelle et retrouver la confiance », a affirmé le vice-ministre tchèque de l'Éducation, de la Jeunesse et des Sports, Vlastimil Ruzicka, en l'absence du ministre Ondrej Liska. Pendant deux jours, le vivier de la recherche européenne est donc invité à nouer des contacts, échanger des idées et surtout rechercher des partenariats. Alors que le budget « recherche et développement » de la Commission européenne augmente chaque année, cette conférence représente aussi l'occasion, pour les intéressés, de savoir comment profiter des programmes européens de recherche (cadre financier 2007-2013), regroupés en trois instruments financiers: le 7ème programme-cadre (PCRD), les fonds structurels et le programme-cadre pour la compétitivité et l'innovation.
Dans son discours d'inauguration, le commissaire européen à la Recherche, Janez Potoènik, a vanté les mérites du 7ème PCRD dont le rapport de suivi a été publié la semaine dernière (EUROPE n° 9894) et dont le budget s'élève à 54 milliards d'euros: « Connecter les gens ne suffit pas. Nous avons besoin d'un cadre qui donne une vie et un but à ces connexions. (…) Le PCRD est un outil majeur que nous utilisons pour construire notre Espace européen de la recherche [EER]», a-t-il rappelé, rajoutant que les ennemis de l'EER (dont le but est de créer un marché unique de la recherche) étaient la « fragmentation et le protectionnisme ». Après avoir égrené les cinq initiatives de l'EER (dont les plateformes technologiques et le réseau de points de contact nationaux), lancées fin 2008 par la DG Recherche, le commissaire européen a exhorté les États membres à augmenter les dépenses publiques de R&D, soutenant que « la Commission ne peut pas tout faire » et que de telles dépenses devaient être perçues comme un « investissement dans le futur, non comme un coût superflu dans ce contexte de crise ». Enfin, à l'occasion du cinquième anniversaire de l'élargissement, le commissaire slovène s'est adressé aux douze nouveaux États membres de l'UE: « Nous attendons de vous que vous exploitiez votre forte culture scientifique et de recherche » ainsi que « les opportunités que la transnationalité, la coopération et l'intégration peuvent apporter ». Alors que les dépenses européennes de R&D restent loin derrière celles des États-Unis, selon un rapport publié en février 2009 par la BEI, Janez Potoènik compte sur le potentiel, « pas complètement exploité », des douze pour « combler le fossé » et repasser « au premier plan » (« to be in the foreground »). (Y.P.)