Bruxelles, 07/05/2009 (Agence Europe) - Le Sommet sur l'emploi de jeudi 7 mai à Prague a permis de faire des « pas concrets et significatifs » pour le maintien de l'emploi des citoyens, la création de nouveaux emplois et la lutte contre la hausse du chômage dans l'Union, a déclaré, à l'issue des travaux, le Premier ministre tchèque sortant, Mirek Topolánek. Dix actions concrètes ont été définies concernant à la fois les défis à court et à long termes, et elles devront être mises en œuvre aux niveaux national et européen en collaboration avec les partenaires sociaux. Le Sommet a mis en exergue l'excellente coopération entre la Commission européenne, les Présidences tchèque (actuelle), suédoise et espagnole (à venir) de l'UE et les partenaires sociaux, ainsi qu'avec d'autres parties prenantes, comme le Comité économique et social européen, a souligné le président de la Commission, José Manuel Barroso. Avec ce Sommet, la Présidence tchèque a souhaité identifier les bonnes pratiques pour atténuer les effets négatifs de la crise, voir comment améliorer l'emploi à l'avenir, stimuler la coordination entre l'Union européenne, ses États membres et les partenaires sociaux. Les partenaires sociaux européens ont eu l'opportunité de présenter leur déclaration conjointe intitulée « Action pour faire face à la crise économique et financière actuelle » ainsi que leur programme de travail 2009-2010 dans le cadre du dialogue social européen. Rappelons encore que la Commission s'appuiera sur les discussions de ce Sommet quand elle présentera ses propositions au Conseil européen des 18 et 19 juin (voir EUROPE
N° 9896/9895).
Parmi les dix actions identifiées, citons notamment les suivantes: - aider autant de personnes que possible à conserver leur emploi par le biais d'un ajustement temporaire des horaires de travail combiné à des formations de reconversion ; - encourager l'esprit d'entreprise et la création d'emplois, par exemple par une diminution des coûts salariaux indirects et par la flexicurité ; - accroître de manière significative le nombre d'apprentissages tout au long de la vie et de formations de haut qualité d'ici à la fin de 2009 ; - promouvoir des marchés du travail favorisant davantage l'inclusion en garantissant des incitations au travail, des politiques actives et efficaces du marché de l'emploi et une modernisation des systèmes de protection sociale, une démarche qui se traduira également par une meilleure intégration des catégories défavorisées, y compris les handicapés, les personnes peu qualifiées ou les migrants ; - avoir recours à la mobilité de la main-d'œuvre pour garantir l'adéquation entre l'offre et la demande de main-d'œuvre ; - aider les chômeurs et les jeunes à créer leur entreprise, en leur proposant des formations de soutien et un capital de départ ou en réduisant ou supprimant les impôts pour les start-ups ; - anticiper et gérer les restructurations par l'intermédiaire d'activités d'apprentissage mutuel et d'échanges de bonnes pratiques. M. Barroso a mis l'accent sur « le rôle très précieux que jouent les PME » et affirmé que la Commission fera en sorte d'avoir pour priorité « une action européenne en faveur de l'emploi ».
Devant la presse, José Manuel Barroso a dit espérer que les résultats de ce Sommet « trouveront un écho lors du Conseil européen de juin » et que les chefs d'État et de gouvernement « seront sérieux pour remédier au chômage. L'Europe n'est pas seulement un projet économique, elle est toujours un projet social ». Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a garanti que la Présidence suédoise de l'UE allait poursuivre le débat lancé par la Présidence tchèque sur la manière de promouvoir l'emploi en Europe. Aujourd'hui, le débat porte sur les réformes, a-t-il ajouté.
L'approche commune des partenaires sociaux sur la façon de parer à la crise est partagée par les institutions européennes et les États membres réunis autour de cette table, a commenté Ernest-Antoine Seillière, président de Businesseurope. « Tout ce qui concerne la crise est une priorité économique », a souligné M. Seillière. « Tout ce qui doit permettre d'atténuer la charge des entreprises doit être mis en œuvre », a-t-il ajouté. En ce qui concerne l'aspect social de la crise, Businesseurope et les syndicats européens ont une approche commune sur la flexicurité, le travail à temps partiel, la mobilité. Le 3ème programme de travail conjoint syndicats-patronat sera la base du Sommet européen de juin, a-t-il conclu.
« Ce programme de travail commun avec les employeurs est un bon point de départ », a enchaîné le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks. Il a annoncé que la CES aussi préparait son document intitulé « Vers un nouveau cadre social ». Ce document met l'accent sur un plan rigoureux. « Le modèle européen a prouvé qu'il était un modèle qui doit servir de source d'inspiration. Les instruments européens existent, mais il faut bien les utiliser. Il faut être ambitieux », a-t-il conclu.
À un journaliste qui se demandait si la notion de flexicurité n'était pas quelque peu ancienne, le Président Barroso a répondu: « La flexicurité est un ancien concept au Danemark et dans les pays nordiques, mais c'est un concept très récent au niveau européen. Les partenaires sociaux se sont mis d'accord sur certains principes, un accord qui a été précédé par leur analyse du marché du travail. Aujourd'hui, on met l'accent sur l'application des mesures et des concepts parce que la situation a changé. La crise financière est devenue une crise économique. De nombreux pays - Chine, Russie, etc. - connaissent une dégradation économique, ce qui a des implications sociales. Il faut donc réfléchir aux idées concrètes avancées par les partenaires sociaux ». Et de citer l'exemple de la stratégie de Lisbonne post 2010 en attirant l'attention sur deux questions: « Comment réfléchir à la dégradation de l'emploi et en même temps garder notre compétence ? Comment soutenir notre modèle d'économie sociale de marché, qui est une des idées les plus importantes du Traité de Lisbonne, pour la transformer en économie écologique et maintenir la compétitivité européenne dans le monde ? » (G. B.)