Bruxelles, 06/05/2009 (Agence Europe) - Le système commercial multilatéral, les échanges de biens et services et les flux d'investissement bilatéraux, la propriété intellectuelle et la coopération dans les domaines du développement durable, de la politique réglementaire et des politiques sectorielles devraient être au centre des travaux de la 2ème session du Mécanisme de dialogue de haut niveau UE/Chine sur l'économie et le commerce, les 7 et 8 mai à Bruxelles. Emmenée par le vice-Premier ministre Wang Qishan, une délégation du gouvernement chinois, incluant le ministre du Commerce Chen Deming, le ministre des Finances Fu Xiren, le ministre des Douanes Sheng Guangzu et le vice-ministre des Affaires étrangères Song Tao, devait prendre part, aux côtés d'une délégation d'une dizaine de membres de la Commission européenne - Viviane Redding (Société de l'information et médias), Laszlo Kovacs (Douanes et Fiscalité), Mariann Fischer Boel (Agriculture), Meglena Kuneva (Protection des consommateurs), Günter Verheugen (Industrie), Stavros Dimas (Environnement), Neelie Kroes (Concurrence) et Charlie McCreevy (Marché intérieur) - conduite, au nom du président Barroso, par la commissaire Catherine Ashton (Commerce), à deux sessions plénières de discussions dans l'après-midi de jeudi et la matinée de vendredi. Côté européen, les membres de la Commission devraient à nouveau mettre l'accent sur les difficultés rencontrées par les entreprises et exportateurs européens pour accéder au marché chinois dans de nombreux secteurs, en particulier l'industrie pharmaceutique, l'automobile, la construction, le secteur bancaire, les télécommunications et les services postaux. L'inadéquate protection de la propriété intellectuelle devrait être le second grief de taille. Les PDG d'une quinzaine de multinationales européennes devraient saisir l'occasion d'un déjeuner avec la délégation chinoise, vendredi midi, pour donner plus de poids aux doléances communautaires. Côté chinois, nul doute que les voix devraient s'élever contre les procédures antidumping engagées par l'UE. Selon la Commission, au 19 mars 2009, 49 mesures antidumping étaient en vigueur contre les importations en provenance de Chine ; le volume des échanges affecté ne représente toutefois pas plus de 1% du volume total du commerce bilatéral.
C'est en avril 2008 à Beijing que l'UE et la Chine ont entamé leur dialogue de haut niveau sur l'économie et le commerce pour tenter d'aplanir leurs différends bilatéraux, le déséquilibre des flux commerciaux au détriment de l'UE étant la principale motivation de la Commission. Si les exportations de marchandises de l'UE vers la Chine ont crû de 13% par an entre 2004 et 2008 pour atteindre un volume de 78,4 milliards d'euros, ses importations depuis le géant asiatique ont augmenté de 18% par an sur la même période pour atteindre 248 milliards d'euros. En 2008, l'Europe a donc accusé un déficit du commerce de marchandises de près de 170 milliards d'euros vis-à-vis de la Chine, désormais sa plus grande source de produits manufacturés. Un déficit que l'excédent de la balance de l'UE pour le commerce de services avec la Chine, qui s'est élevé à 3,9 milliards d'euros en 2007, est loin de pouvoir combler. La fermeture du marché chinois aux marchandises communautaires reste la source majeure de grief des entreprises européennes qui évaluent à 21 milliards d'euros par an leur manque à gagner. Sans oublier bien sûr l'inadéquate protection des droits de propriété intellectuelle et leur violation, dont ont été victimes sept entreprises européennes sur dix opérant en Chine en 2007. Des violations qui, selon elles, leur ont coûté 20% de leurs revenus potentiels. (E.H.)