Strasbourg, 26/03/2009 (Agence Europe) - L'évaluation semestrielle que font Conseil et Commission des relations avec le Bélarus dégage un bilan « mélangé », selon le président du Conseil, Alexandr Vondra. En effet, depuis novembre dernier, un certain nombre de développements positifs encourage un optimisme modeste (enregistrement de certaines ONG et partis, autorisation de publication pour certains journaux, réunion de conseils consultatifs) ; mais, d'autre part, une importante ONG est toujours interdite, des personnes sont arrêtées, et d'autres libertés sont fortement limitées. D'ici neuf mois, les relations avec la Biélorussie et les sanctions en place seront réexaminées, en fonction de toute une série de critères établis par le Conseil en octobre 2008: depuis cette date, des rencontres à haut niveau ont eu lieu avec des responsables biélorusses, et le président du Conseil a le sentiment que la société civile de ce pays se sent encouragée par ces contacts.
La Commission partage cette analyse: la décision de suspendre les sanctions prise il y a six mois, constate Benita Ferrero-Waldner, était la bonne, car elle a déclenché un processus dans ce pays ; d'ailleurs, les sanctions peuvent être rétablies à tout moment si l'Union l'estime indispensable. Dans dix jours, une délégation du PE se rendra à Minsk: « Mon directeur responsable pour cette région va l'accompagner », a précisé la Commissaire. Qui, personnellement, est pour une aide économique à la Biélorussie, et se félicite donc du prêt de 2 milliards de dollars accordé à ce pays par le FMI, avec le soutien actif des pays de l'Union.
Au cours du débat, une majorité de parlementaires ont admis que la participation au Partenariat oriental contribuera à la démocratisation du Bélarus, démocratisation qui facilitera la position des pays voisins, a soutenu le socialiste lituanien Justas Paleckis. La politique de boycottage a en tous les cas été un échec, selon le conservateur britannique Charles Tannock, qui souhaite revoir le Bélarus au sein de la famille démocratique européenne. Mais on ne devient pas démocratique du jour au lendemain: c'est le sentiment de nombreux parlementaires, prêts au dialogue mais opposés à une invitation à M. Loukachenko au Sommet du Partenariat oriental de Prague. Il ne faut pas lâcher la pression sur le régime biélorusse, a martelé le socialiste néerlandais Jan Marinus Wiersma.
Le vote sur la résolution du Parlement aura lieu au cours de la mini-session de la semaine prochaine, à Bruxelles. (L.G.)