Bruxelles, 26/03/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Justice, Jacques Barrot, a présenté, mercredi 25 mars, deux propositions législatives destinées à intensifier la lutte contre la traite des êtres humains, mais aussi contre l'exploitation et les abus sexuels concernant des enfants et la pédopornographie. Ces nouvelles propositions, qui ont été présentées en détail dans notre bulletin EUROPE n° 9868, sont d'une « importance majeure » compte tenu des fléaux en cause, a indiqué M. Barrot, lors d'une conférence de presse. « Notre message est clair: ces formes de criminalité qui ne connaissent pas de frontières sont inacceptables. L'Europe continuera de fixer les normes les plus élevées et les plus ambitieuses pour les combattre », a-t-il ajouté. Les deux propositions fixent des peines harmonisées « plus sévères » à l'encontre des auteurs des crimes en question par rapport aux législations existantes, a-t-il rappelé. Concernant la proposition sur le trafic d'êtres humains, M. Barrot a expliqué qu'un des principes importants était la non punition des victimes ayant pris part à des activités illégales sous la contrainte. Selon lui, les mesures préconisées prévoient aussi de pénaliser le trafic d'organes et la mendicité. En revanche, les clients de prostituées victimes de la traite ne pourront être poursuivis que si le client a eu connaissance du trafic ou est lié au groupe criminel responsable de la traite. D'après l'Organisation internationale du travail, 1,225 million de personnes sont actuellement victimes de la traite des êtres humains au niveau mondial. La plupart d'entre elles sont exploitées à des fins de prostitution (43 %) ou pour leur travail (32 %). En ce qui concerne l'exploitation sexuelle à des fins commerciales, l'écrasante majorité des victimes (98 %) est constituée de femmes et de jeunes filles. Environ 500 mille personnes seraient chaque année victimes de la traite des êtres humains, de pays tiers vers l'UE ou sur le territoire même de l'UE, a indiqué le commissaire. Sur la proposition relative aux abus sexuels sur les enfants, M. Barrot a expliqué qu'en Europe, une minorité non négligeable d'enfants, entre 10 % et 20 % selon des estimations fiables, serait la cible d'agressions sexuelles durant l'enfance. D'après les estimations, quelque 20 % en moyenne des délinquants sexuels récidivent après avoir été condamnés. « Les victimes sont souvent réticentes à dénoncer les abus: trois abus sur quatre ne le sont pas », a déploré le commissaire. « Le net joue aussi un rôle d'amplification considérable », a-t-il dit. En 2008, plus de 1 000 sites Internet marchands et quelque 500 sites non marchands présentant des contenus à caractère pédopornographique ont été recensés, dont 71 % aux États-Unis. Dans ce contexte, le commissaire a rappelé qu'une enveloppe de 300 mille euros serait dédiée au développement d'une plateforme européenne sur la cybercriminalité gérée par Europol. (B.C.)