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Bulletin Quotidien Europe N° 9850
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/palestine

Ouverture du dialogue entre les différents mouvements sous les auspices de l'Égypte

Bruxelles, 27/02/2009 (Agence Europe) - Le dialogue interpalestinien, que la communauté internationale, y compris l'UE, appelle de ses vœux, s'est ouvert jeudi 26 février au Caire sous le patronage de l'Égypte. Tous les mouvements palestiniens, y compris de petites factions, participaient à cette session inaugurale présidée par le chef des services de renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane. Un accord a été réalisé d'emblée sur la manière de poursuivre ce dialogue, au sein de cinq commissions thématiques et ce qui marque d'abord c'est la détente observée dans les rapports entre les deux principaux mouvements, le Hamas et le Fatah de Mahmoud Abbas.

L'Égypte a, à l'ouverture du dialogue entre Palestiniens, appelé à la clairvoyance et la concorde pour rétablir l'unité des rangs. Elle a plus fait appel au sens des responsabilités face à l'histoire et au devoir commun que de proposer une vision politique précise aussi bien sur le mode de fonctionnement d'un futur gouvernement d'union que sur les conditions du dialogue avec Israël avec lequel des contacts sont noués en parallèle. L'envoyé spécial israélien était arrivé jeudi au Caire pour cette consultation indirecte sur la consolidation du cessez-le-feu à Gaza et sur l'échange de prisonniers.

À l'ouverture de la réunion interpalestinienne, M. Souleimane a indiqué que le dialogue devra être maintenant structuré et démarrer concrètement, les deux parties s'étant accordées sur la date-butoir du 10 mars pour lancer formellement ces négociations. Les cinq commissions constituées portent sur la formation d'un gouvernement d'union nationale, sur le dialogue interpalestinien et ses mécanismes, sur la restructuration des forces de sécurité, sur l'organisation d'élections et, enfin, sur la réforme de l'OLP, structure centrale, contestée par le Hamas dans son fonctionnement actuel.

La question essentielle est celle de la formation d'un gouvernement de concorde qui pourrait être réalisée avant le prochain sommet ordinaire de la Ligue arabe, fin mars à Doha, auquel le président du Conseil de l'UE pourrait être invité. Un membre de la délégation du Fatah, Azzam al Ahmed, a jugé possible qu'un gouvernement d'union soit annoncé avant. « C'est possible. Nous sommes pressés (...) et la première étape, c'est le gouvernement. Tout est lié au gouvernement », a-t-il souligné. Mais un membre de la délégation du Hamas avait laissé entendre dans des déclarations à la presse que « rien ne sera réglé avant que tout soit réglé ». Cette intransigeance de départ pourrait cependant être assouplie puisqu'un autre dirigeant de Hamas, en exil à Damas, Moussa Abou Marzouk, a ensuite annoncé que la création d'un gouvernement d'entente pourrait « suivre immédiatement » les conclusions de la commission chargée d'étudier sa mise en œuvre. Cela laisse entendre que le Fatah et le Hamas poursuivront leur propre processus bilatéral de réconciliation en tant que groupes majoritaires. Déjà, les jours précédents, les deux mouvements avaient convenu d'une sorte de pacte de non agression entre eux et se sont engagés à cesser les campagnes médiatiques haineuses et à libérer les militants arrêtés de part et d'autre.

Tous les sujets sont désormais sur la table des négociations, en particulier les rapports avec Israël. Le Hamas n'entend pas abandonner le droit à la résistance armée, mais l'organisation d'élections et la possibilité d'un scrutin présidentiel et législatif en janvier 2010 sont évoquées. Selon divers commentaires rapportés par les médias locaux, la négociation, au sein des commissions, qui démarreront leurs travaux le 10 mars, sera longue et pourrait « durer quatre mois, ou six mois », a affirmé le secrétaire général du Front de libération de la Palestine (FLP), Samir Ghouche. Il estime que la concorde observée au départ n'est pas encore significative: « Nous avons évité les questions sur lesquelles nous risquions d'être en désaccord ». « Le diable est dans le détail », surenchérit le dirigeant d'un autre mouvement, Abdel-Rahim Mallouh, numéro deux du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

La question essentielle, aux yeux des Palestiniens comme de tous leurs partenaires internationaux, résidera dans la mise en place du futur gouvernement et sa composition (de technocrates ou de politiques ?). Dans ce cas, l'accession du Hamas à des fonctions ministérielles posera le problème de son statut international. Il est actuellement mis sur la liste des mouvements terroristes aussi bien en Europe qu'aux États-Unis et Israël a encore récemment (EUROPE n° 9847) mis en garde contre tout contact avec ce mouvement. Pour l'UE et dans l'entourage de M. Solana, on rappelle que toute normalisation passera par l'adhésion du Hamas au principe de deux États vivant côte à côte, ce qui implique la reconnaissance de fait de l'État d'Israël, et du plan de paix arabe. Il ne semble pas exclu que l'UE a déjà noué certains contacts mais indirectement, par le biais de la Syrie surtout et par des personnalités et des associations de la société civile à Gaza. Pour l'essentiel, ces contacts restent centrés sur les aspects humanitaires. (F.B.)

 

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