Bruxelles, 27/02/2009 (Agence Europe) - Les organisations Amnesty International et Human Rights Watch ont lancé, mardi 24 février, un appel à l'ensemble des pays européens pour qu'ils offrent l'hospitalité à soixante des deux cents détenus qui devraient être libérés d'ici à la fin de l'année de la prison américaine de Guantanamo Bay. « Ces soixante détenus, originaires de pays comme l'Algérie, la Chine, l'Égypte ou la Libye, risquent d'être soumis à des tortures ou des poursuites s'ils sont renvoyés chez eux, alors qu'ils ont été innocentés par l'administration Bush », a indiqué Reed Brody, porte-parole de HRW lors d'une conférence de presse à Bruxelles. « On peut évidemment se dire que Guantanamo est un problème créé par les États-Unis et que c'est à eux d'accueillir ces personnes. Mais beaucoup d'entre elles n'ont pas envie d'aller aux États-Unis vu ce que ce pays leur a fait subir », a, pour sa part, relevé Camilla Jelbart, d'Amnesty International. L'appel de ces ONG intervient alors que les ministres européens de l'Intérieur se réunissent ce jeudi à Bruxelles pour tenter d'apporter une réponse européenne à la fermeture annoncée de Guantanamo (EUROPE n° 9847). Les députés européens ont aussi appelé les pays de l'UE à aider le nouveau président américain pour fermer la prison (EUROPE n° 9833). Comme pour mieux afficher les ambitions qu'ont les États-Unis vis-à-vis de leurs amis européens, Washington a sollicité officiellement, mardi, l'aide de l'Espagne. S'exprimant à la radio publique, le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, a précisé que son homologue américaine, la secrétaire d'État Hillary Clinton, avait sollicité l'aide de l'Espagne. « J'ai répondu que l'Espagne, en principe, est ouverte à la collaboration en acceptant quelques prisonniers si les conditions légales de leur détention, une fois qu'ils seront transférés, sont acceptables », a dit Moratinos qui avait rencontré Clinton à Washington, mardi. Le ministre a expliqué que la demande des États-Unis d'accueillir des détenus sera examinée « au cas par cas » par l'Espagne, une fois les conditions juridiques établies. À part l'Espagne, seule une minorité de pays européens - Portugal, Italie, France, Lituanie - se sont dits prêts pour l'instant à accueillir des détenus. Plusieurs autres pays sont prêts à faire un effort, mais uniquement si l'UE arrivait à définir une approche commune sur la question. (B.C.)