Bruxelles, 27/02/2009 (Agence Europe) - Avant même d'en débattre lors du Conseil européen informel du 1er mars à Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy a critiqué, jeudi 26 février, l'insuffisance du cadre d'action pour l'industrie automobile européenne proposé la veille par la Commission européenne (EUROPE n° 9848). Visant à préserver le marché unique et répondre aux attentes des Vingt-sept sur le soutien au secteur, ce cadre limite, en effet, l'action des gouvernements et ne présente pas de plan structurel européen pour soutenir une industrie sévèrement frappée par la crise économique et financière. « J'espère que la Commission va réagir et qu'elle va comprendre (...) qu'il y a un truc qui s'appelle l'industrie automobile européenne et qu'il faut la sauver. Pour ça, il faut coordonner les choses », a insisté le président français, expliquant qu'il défendra, dimanche, l'idée d'un plan de coordination automobile européen. « C'est quand même malheureux que cela ne soit pas fait. Il est absolument indispensable qu'il y ait une coordination. Il y a autre chose à faire pour l'automobile que d'examiner simplement la compatibilité des aides d'État avec les règles de la concurrence des marchés », a-t-il ajouté. La Commission étudie encore la validité des plans d'aide au secteur automobile de six États membres, dont la France, pour vérifier qu'ils ne contiennent pas de mesures protectionnistes et susceptibles de fausser la concurrence avec les autres constructeurs européens. M. Sarkozy s'est aussi défendu de tout protectionnisme dans sa politique de soutien aux constructeurs français. « Je ne veux pas que la France soit importatrice de voitures. Dire cela, ce n'est pas être protectionniste. La France n'a pas vocation à perdre son industrie », a-t-il insisté. Enfin, M. Sarkozy a souligné la nécessité de veiller à la compatibilité des aides aux constructeurs américains avec les règles de l'OMC. (E.H.)