Bruxelles, 27/01/2009 (Agence Europe) - Au lendemain des déclarations fortes du président américain Barack Obama affirmant que « l'Amérique est prête à prendre la tête » de la lutte contre le changement climatique, Stavros Dimas, commissaire européen à l'Environnement, a exprimé, dans une « Lettre ouverte au président des États-Unis », l'immense espoir que suscite ce tournant dans la politique américaine. Mais cette lettre, publiée le 26 janvier sur le blog du commissaire, est aussi une invitation faite aux États-Unis à emboîter le pas à l'UE dans son niveau d'engagement pour permettre un accord mondial ambitieux, à Copenhague, en décembre 2009.
« Il n'y a pas de plus grand défi pour tout leader politique que de faire reculer le spectre d'une planète qui se réchauffe. L'engagement de votre administration envers cette question est une grande source d'encouragement », déclare M. Dimas. Rappelant que l'UE a été « chef de file au niveau mondial » en prenant, en mars 2007, l'engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% à l'horizon 2020 quelle que soit l'issue des négociations mondiales, M. Dimas ajoute: « Si d'autres acteurs majeurs suivent ce leadership, alors nous réduirons nos émissions de 10% supplémentaires. Le monde a les yeux rivés sur l'Amérique, dans l'espoir qu'elle témoigne d'un niveau d'ambition analogue. (…) Mais l'Europe n'est qu'une petite partie du problème et nos émissions ne représentent que 14% des émissions globales. Nous ne pourrons parvenir à un succès que si d'autres sont encouragés à emprunter la voie de l'économie à faible intensité de carbone, et il est clair qu'il ne pourra y avoir de solution globale sans le soutien plein et actif des États-Unis. Ce n'est pas parce que les États-Unis sont responsables de 22% des émissions mondiales. Mais c'est, bien davantage, parce que de nombreux autres pays, y compris des pays comme la Chine, ne voient pas pourquoi ils devraient décarboner leurs propres économies si l'économie la plus riche au monde ne prend pas d'engagements fermes. Je suis convaincu que nombre des nouvelles idées qui vont nous éloigner de notre addiction au charbon viendront d'Amérique. Cela, d'autant que votre pays a fait la preuve de sa capacité à traduire les travaux de recherche en résultats ». (A.N.)