Bruxelles, 26/01/2009 (Agence Europe) - Réunis mardi 27 janvier à Budapest dans le cadre d'une conférence organisée par les autorités hongroises à laquelle étaient aussi conviées la BEI et la BERD, les représentants gouvernementaux des six pays participant au projet - Allemagne, Autriche, Bulgarie, Hongrie, Roumanie et Turquie -, des pays fournisseurs et de transit - Azerbaïdjan, Géorgie et Turkménistan - ainsi que de l'UE ont réaffirmé leur engagement en faveur du futur gazoduc Nabucco, qui doit acheminer, en contournant la Russie, le gaz d'Asie centrale vers l'Autriche via la Géorgie et la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie.
Dans un message vidéo, José Manuel Barroso a réitéré le soutien de la Commission européenne à un projet essentiel pour la diversification des approvisionnements d'une Europe « énergétiquement vulnérable ». Hôte de la réunion, le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany a appelé l'UE à participer au financement du projet, que les banques privées rechignent à assurer, en débloquant « dans les prochaines semaines » 200 à 300 millions d'euros pour enfin lancer la construction du gazoduc, auxquels s'ajouteraient des prêts remboursables de la BEI et de la BERD. Un montant qui ne sera, selon lui, qu'un début puisqu'il attend, au total, un soutien communautaire de près de 2 milliards d'euros pour un projet au coût total estimé entre 8 et 10 milliards.
M. Gyurcsany a aussi plaidé pour la création d'une direction internationale de Nabucco, qui regrouperait les dirigeants politiques des pays concernés, en tablant sur la signature d'un accord intergouvernemental entre la dizaine de pays impliqués « avant la fin juin ». Le commissaire à l'Énergie, Andris Piebalgs, a promis pour fin mars la finalisation de l'accord intergouvernemental, en parallèle avec les déclarations de soutien des pays participant au projet, pour que le gazoduc puisse être réalisé le plus tôt possible en 2010. Président en exercice du Conseil européen, le Premier ministre tchèque Mirek Topolánek a quant à lui souligné la portée du projet pour « la paix, la liberté et l'indépendance de tout le continent européen » en ce qu'il réduira sa dépendance à l'énergie russe. Faisant valoir qu'en contournant l'Ukraine et l'Europe centrale tout en maintenant une forte dépendance énergétique à la Russie, les projets de gazoduc Nord Stream et South Stream constituent « une menace directe » contre Nabucco, M. Topolánek a appelé l'UE à intervenir pour accélérer la réalisation du projet auquel, par la voix de son ministre de l'Énergie, Hilmi Güler, la Turquie a confirmé son soutien. (E.H.)