Bruxelles, 08/12/2008 (Agence Europe) - A Bruxelles, lundi 8 décembre, l'heure n'était pas encore à la décision d'envoyer des troupes européennes dans l'Est de la République démocratique du Congo, pour répondre à la requête du secrétaire général de l'ONU, de voir des forces européennes de paix assurer la jonction avec les casques bleus de la MONUC (Mission des Nations unies au Congo) le temps que soit opérationnel le renforcement de ses effectifs. Réitérant leurs vives préoccupations face à la reprise de l'option militaire par toutes les parties et pour les conséquences des affrontements sur la situation humanitaire dans le Nord Kivu, les ministres des Affaires étrangères des 27 ont certes « pris note » de la demande formulée le 5 décembre par Ban Ki-moon, mais aucune décision n'a été prise. Et pour cause, Karel de Gucht, le ministre belge, qui appelle de ses vœux « une décision urgente » pour pouvoir déployer des troupes dans un cadre européen, est plutôt isolé. Dans ses conclusions, le Conseil demande simplement à Javier Solana, le Haut représentant pour la PESC et à la Commission de « préparer rapidement les éléments de réponse techniques, humanitaire et politiques en tenant compte des observations présentées ». S'exprimant devant la presse, Bernard Kouchner, président du Conseil, a souligné que l'accès de l'aide humanitaire à toutes les victimes civiles dans le besoin est « une nécessité », et ce en dépit de progrès politiques récemment engrangés. « La situation humanitaire n'est pas bonne, c'est le moins qu'on puisse dire. Nous avions eu une alerte quant à la participation et l'efficacité des 17 000 casques bleus dont 9 000 sont maintenant au Nord Kivu. Ban Ki-moon avait fait voter une résolution pour 3 000 hommes supplémentaires. Nous avons reçu une lettre qui demandait qu'une intervention des forces européennes soit organisée. Nous avons discuté de cette intervention éventuelle dans l'attente de la venue des 3 000 casques bleus supplémentaires. La discussion fut longue. Nous avons reconnu la nécessité de répondre au plus vite en termes humanitaires et politiques ». (A.N.)