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Bulletin Quotidien Europe N° 9799
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/Élargissement

Les Vingt-sept réitèrent leur stratégie de 2006 - La Turquie doit faire des « efforts substantiels » en matière de critères politiques

Bruxelles, 08/12/2008 (Agence Europe) - Il n'y a en ce moment aucune nécessité de modifier quoi que ce soit dans la stratégie d'élargissement de l'Union européenne qui doit continuer à être fondée sur les trois « c » retenus par le Conseil européen en décembre 2006, ont affirmé les ministres néerlandais des Affaires étrangères de l'UE réunis en Conseil lundi 8 décembre sous la présidence de Bernard Kouchner. Les trois « c » sont: - « la consolidation des engagements », c'est-à-dire des promesses d'adhésion déjà données aux pays des Balkans occidentaux et aux deux candidats en voie de négociation (Croatie, Turquie) pourvu qu'ils respectent toutes les conditions ; - « la conditionnalité équitable et rigoureuse », c'est-à-dire que les critères d'adhésion (politiques, économiques, mise en œuvre de l'acquis, capacité d'absorption de l'UE) doivent être scrupuleusement respectés ; - « une meilleure communication » afin de mieux expliquer les avantages de l'élargissement aux citoyens européens. À cela s'ajoute le principe que chaque pays candidat est évalué et traité selon ses mérites propres, ont souligné les Vingt-sept. Mené sur base de ces principes, « le processus d'élargissement continuera à favoriser la paix, la démocratie et la stabilité sur le continent, à donner plus de poids à l'UE dans le monde et à apporter des avantages concrets, notamment en renforçant la prospérité, les perspectives de croissance économique et les opportunités en matière de transport et d'énergie », soulignent les ministres dans des conclusions adoptées lundi. Les Vingt-sept saluent aussi les rapports de progrès 2008 et le document stratégique de la Commission, présentés le 5 novembre dernier (EUROPE n° 9776) et renouvellent leur « plein soutien » à la perspective européenne des pays des Balkans (voir aussi autre article ci-dessous).

Turquie. Le Conseil salue l'engagement réaffirmé par le gouvernement turc en faveur de la poursuite des réformes et « espère que la Turquie va désormais redoubler d'efforts pour mettre en œuvre les mesures qui sont attendues depuis longtemps ». Ces efforts sont indispensables car la Turquie n'a accompli, au cours de l'année 2008, que des « progrès limités », notamment en matière de réformes politiques, déplorent les ministres dans leurs conclusions. Des « efforts substantiels » doivent encore être faits dans des domaines tels que la réforme du système judiciaire, la lutte contre la corruption, la protection des droits des citoyens, la mise en œuvre de la politique de « tolérance zéro » contre la torture, le respect de la liberté d'expression et de religion, la protection des droits des femmes, des minorités et des syndicats ainsi que le contrôle civil de l'armée. Les réformes sont cruciales car c'est d'elles et des préparatifs techniques que dépendra le rythme des négociations d'adhésion en cours avec l'UE, soulignent les ministres qui se disent « résolus » à aider la Turquie pour qu'elle avance dans les pourparlers « dès lors que toutes les conditions requises auront été remplies ». Une nouvelle réunion de négociation est prévue le 19 décembre, l'objectif de la Présidence française de l'UE étant d'ouvrir deux nouveau chapitres (libre circulation des capitaux, société de l'information). Dans ses conclusions, le Conseil souligne aussi « l'importance stratégique » de la Turquie pour l'UE et salue le « rôle actif et constructif » joué par le pays au Caucase du Sud (notamment vis-à-vis de l'Arménie) et au Moyen-Orient. Il rappelle aussi à Ankara qu'elle doit s'engager « sans ambiguïté » à nouer de bonnes relations avec ses voisins et régler les différends pacifiquement, notamment en faisant appel à la Cour de justice internationale. Des progrès « urgents » sont aussi attendus en ce qui concerne la normalisation des relations avec Chypre. Le Conseil demande à la Turquie de soutenir activement les négociations en cours sur la réunification de l'île. Les ministres déplorent que le pays n'applique toujours pas le protocole additionnel à l'accord d'association vis-à-vis de Chypre.

Croatie. Les négociations d'adhésion avec ce pays sont « sur la bonne voie » et sont entrées dans une « phase déterminante », estiment les ministres dans leurs conclusions. Il n'en demeure pas moins que la Croatie doit encore intensifier le rythme de ses réformes, en particulier pour réaliser les progrès que l'UE attend d'elle en matière de réforme de la justice, de lutte contre la corruption et le crime organisé, de respect des minorités et de leur protection, de retour des réfugiés, de poursuite du traitement des crimes de guerre et des réformes économiques. Il est aussi demandé à Zagreb de faire des efforts pour trouver des solutions définitives aux problèmes bilatéraux avec certains de ses voisins, notamment en ce qui concerne le différend frontalier avec la Slovénie (qui complique en ce moment sérieusement la poursuite des négociations d'adhésion). Une réunion de négociation d'adhésion est prévue vendredi 19 décembre, l'incertitude plane toujours sur les chapitres qui pourront éventuellement être ouverts et/ou clos. Le Conseil appuie la feuille de route proposée par la Commission dans son rapport de progrès 2008, à savoir que la Croatie devrait être en mesure de finaliser ses négociations en 2009, pourvu qu'elle respecte tous les critères. (H.B.)

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