Bruxelles, 01/10/2008 (Agence Europe) - Si la crise s'explique par les excès passés, l'impact des corrections actuelles risque de se poursuivre encore longtemps. « Je crois que nous avons de longs mois devant nous avant de pouvoir dire que tous les problèmes sont résolus », a expliqué, mercredi 1er octobre, Jean-Claude Juncker, qui s'attend à une croissance « autour de 1% » en 2009 dans la zone euro. Interrogé par la radio française EUROPE 1, le président de l'Eurogroupe a confirmé que les quatre pays européens du G8 (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, ainsi que MM. Juncker, Barroso et Trichet) se réuniront samedi 4 octobre à Paris pour envisager une réponse européenne à la crise. Ils chercheront surtout à définir leurs positions en vue du G8 qui sera consacré à la crise financière, en novembre ou à la fin de l'année, a précisé le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois. S'il se félicite des interventions récentes des gouvernements pour « éviter que le système bancaire européen n'entre en crise », M. Juncker souhaite toutefois des mécanismes anticrise plus efficaces. « Il faudra que nous systématisions davantage les réponses européennes, les filets de sauvetage, les mécanismes de sortie de crise », a-t-il expliqué, en exhortant toutefois les Européens à la confiance. « Je crois qu'aucun gouvernement ne laisserait tomber en faillite une grande banque européenne puisqu'une telle faillite déclencherait une vague qui déferlerait en supprimant les emplois », a-t-il assuré.
En abreuvant les marchés de liquidités, la Banque centrale européenne (BCE) a joué son rôle, mais ces interventions se distinguent de la politique monétaire. En dépit d'un horizon bien sombre pour la croissance et d'un léger repli de l'inflation, qui est passée à 3,6% en septembre, contre 3,8% en août et 4% en juillet et juin derniers, la lutte contre la hausse des prix reste en effet l'objectif prioritaire de la BCE, de sorte que le Conseil des gouverneurs ne devrait pas modifier les taux d'intérêt de la zone euro ce jeudi 2 octobre.
Du côté de la Commission, la contribution consiste en une application, avec « flexibilité et responsabilité », des règles en matière d'aides d'État, de façon à garantir la viabilité et la stabilité futures des compagnies concernées par les injections de fonds publics ces derniers jours, a expliqué mercredi José Manuel Barroso. Devant la presse, le président de la Commission s'est aussi évertué à rétablir la confiance des citoyens et des acteurs du marché, reconnaissant bien évidemment que la situation était « très sérieuse ». Mais « le système financier européen a la capacité de répondre (à la crise). Nous pouvons avoir confiance en lui », insiste M. Barroso, qui plaide pour une réponse « structurée » au niveau européen. « Une perspective claire est fondamentale pour les marchés afin de calmer et de restaurer la pleine confiance », a-t-il déclaré, en précisant: « Nous avons besoin de réponses vraiment articulées par les gouvernements européens, avec les institutions de l'UE et les régulateurs et les superviseurs en Europe ». Pour ce faire, la réponse européenne devra inclure, selon lui: - un renforcement des structures de supervision au niveau européen (voir autre nouvelle) ; - un ajustement des règles d'évaluation (notamment comptables) des actifs financiers complexes ; - une amélioration de la cohérence des systèmes nationaux de garanties des dépôts bancaires (avec éventuellement la création d'un système ou d'un mécanisme commun pour protéger les dépôts des particuliers) ; - une plus grande transparence dans les rémunérations des dirigeants d'entreprises (comme le préconisait déjà une recommandation de la Commission d'octobre 2004) et ; - la poursuite des réformes structurelles. (A.B.)