Bruxelles, 01/10/2008 (Agence Europe) - Pour aller de l'avant, la recherche en sécurité européenne devra nécessairement composer avec le respect de la protection des données. C'est en ces termes que près d'un millier de chercheurs, d'industriels et de responsables politiques ont abordé, lundi 29 et mardi 30 septembre à Paris, la troisième conférence européenne de recherche en sécurité. Le commissaire européen chargé de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté, Jacques Barrot, avait ainsi ouvert la conférence: « Il y a incontestablement un dilemme entre le renseignement et la protection des données. En politiques et professionnels responsables, à nous de trouver des solutions efficaces, flexibles, abordables et acceptables par les citoyens ». D'autres participants comme la ministre française de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, ou le contrôleur européen des données, Peter Hustinx, partagent également cette conception (EUROPE n° 9750 et n° 9751). Les industriels eux-mêmes sont conscients de la nécessité de prendre en compte un tel phénomène. « Les technologies relatives à la sécurité, notamment la biométrie, sont souvent reçues avec scepticisme par le grand public. Il faut donc informer les citoyens sur les mesures de protection des données avant d'appliquer de telles mesures à grande échelle », a expliqué un observateur. Le coordinateur de l'UE contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, a appelé à la tenue d'un débat sur l' « acceptabilité » des technologies intrusives. « Les citoyens veulent plus de sécurité, mais veulent que l'on respecte le plus possible leur vie privée », a-t-il souligné. « Il y a eu des protestations quand on a organisé l'accès au système d'information sur les visas (VIS). Maintenant, on l'a pour le 'PNR européen'», a-t-il ajouté. Selon lui, « le Conseil de l'UE multiplie les projets de collecte (des données personnelles), le Parlement européen bloque et risque de bloquer de plus en plus ». Et M. de Kerchove de mettre en garde: « Il faut une stratégie d'ensemble sinon on risque de disposer de technologies qu'on n'utilise pas ». (B.C./L.B.S.)