Bruxelles, 07/07/2008 (Agence Europe) - Si la Commission européenne a agi rapidement en mobilisant 550 millions d'euros en 2008 pour atténuer l'impact de la crise alimentaire mondiale sur les pays en développement, des mesures supplémentaires sont requises pour ne pas compromettre les progrès vers la réalisation des objectifs du millénaire, et ne tarderont pas à être prises. José Manuel Barroso l'a affirmé, lundi 7 juillet, à l'ouverture du G8 d'Hokkaido, en annonçant l'intention de la Commission de proposer la création d'un nouveau fonds d'un milliard d'euros pour soutenir l'agriculture dans les pays en développement.
Cette proposition conjointe des commissaires Mariann Fischer-Boel (Agriculture) et Louis Michel (Développement) visant l'établissement d'un « instrument de réponse rapide à la flambée des prix alimentaires dans les pays en développement », sera soumise prochainement au collège, pour approbation formelle. « Le principe est clairement agréé. Nous espérons que le chiffre sera d'un milliard. Le projet sur la table mentionne 1 milliard d'euros à raison de 750 millions en 2008 et 250 millions en 2009 », a précisé le porte-parole de la Commission. Cette mesure requiert l'accord du Parlement et du Conseil, a-t-il reconnu, mais la Commission estime qu'elle « est financièrement réalisable, politiquement opportune et pourrait servir d'inspiration aux autres acteurs internationaux ».
L'annonce de M. Barroso est intervenue à l'heure où les promesses non tenues du G8 étaient sur la sellette à Toyako. Les dirigeants des sept pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Éthiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie), conviés au déjeuner des pays les plus riches, ont pressé ces derniers d'honorer l'engagement pris à Gleneagles en 2005 de doubler leur aide à l'Afrique d'ici à 2010 (à raison de 50 milliards de dollars US par an), et la promesse faite à Heiligendamm, en 2007, d'allouer 60 milliards de dollars à la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose (sans échéance précise).
« Au sein du G8, l'UE accepte pleinement ses responsabilités et est déterminée à le prouver par des résultats. La Commission et les États membres fournissent déjà 60% des flux internationaux d'aide publique au développement », a déclaré M. Barroso. Et de souligner que les engagements de l'UE, une nouvelle fois confirmés par le Conseil européen du 20 juin, devraient se traduire par un doublement de l'aide européenne en 2010, avec 66 milliards d'euros. « En allouant la moitié de ce montant à l'Afrique, l'UE est en voie de fournir plus de 90% des 25 milliards de dollars US promis par le G8 », observe M. Barroso. Mais « nous pouvons faire mieux et nous devons faire mieux », a-t-il ajouté, conscient que le recul de l'aide européenne en 2007
« adresse le mauvais signal au mauvais moment ». C'est la raison pour laquelle la Commission « pousse activement tous les États membres à établir des calendriers indicatifs pour montrer comment ils entendent atteindre leurs objectifs ». (A.N.)