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Bulletin Quotidien Europe N° 9698
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/industrie

Mise en garde des industries aérospatiales et de défense européennes contre des délocalisations et des pertes d'emplois

Bruxelles, 07/07/2008 (Agence Europe) - Le renforcement de l'euro face au dollar et, dans une moindre mesure, la hausse des prix des carburants posent des défis au secteur aéronautique et de la défense en Europe et risquent d'avoir une influence négative sur l'emploi dans le secteur ont fait valoir, lors d'une conférence organisée le 3 juillet à Bruxelles, les représentants de l'Association des industries aérospatiales et de défense européennes (ASD). Alors que la Banque centrale européenne (BCE) annonçait à Francfort sa décision de relever ses taux d'intérêt (EUROPE n° 9696), l'ASD s'est jointe aux détracteurs de cette politique en avertissant qu'un euro fort pourrait entraîner des délocalisations et, de ce fait, des pertes d'emplois sur le marché européen. S'exprimant devant la presse, le président d'ASD, Ake Svensson, a annoncé son intention de rencontrer prochainement des responsables de la BCE pour discuter du taux de change de l'euro face au dollar.

« Le renforcement de l'euro face au dollar a eu un impact direct sur la compétitivité des produits aéronautiques et de défense européens » sur le marché global, a déclaré à la presse le président de l'ASD en expliquant que «chaque dévaluation de 10 cents de la valeur du dollar par rapport à l'euro entraîne des pertes de marge (bénéficiaire) d'un milliard d'euros pour les plus grandes compagnies » comme « Airbus ». Les pertes les plus importantes ont été enregistrées par le secteur de l'industrie aéronautique et spatiale dont les prix sont libellés en euro mais qui vendent en dollars. « L'ASD continuera à chercher le soutien de la Commission européenne et d'autres institutions européennes pour qu'elles reconnaissent et réagissent à la distorsion du marché provoquée par la volatilité de la monnaie », a-t-il dit. « Les conséquences de la volatilité de la monnaie sont sérieuses pour l'industrie » et la perte de profit qui en découle « a un impact direct sur la capacité des compagnies d'investir dans la recherche et l'innovation », a-t-il fait remarquer. Et de poursuivre: « Les compagnies manufacturières ont abouti au seul remède à la volatilité de la monnaie » qui est l'établissement « de nouvelles installations en Amérique du Nord (dans la zone de dollar) ou dans les pays émergents d'Asie », où les coûts de production sont beaucoup moins élevés.

En ce qui concerne la hausse des prix du carburant, M. Svensson a souligné que l'impact de ce changement en Europe a été « légèrement atténué par la force de l'euro ». « Ceci n'est pas une solution satisfaisante », a-t-il néanmoins estimé en demandant la mise en place « d'instruments plus efficaces dans les domaines tels que l'énergie, la taxation, la distribution des biens » ainsi que de « mesures contre la spéculation sur les prix du carburant ». François Gayet, le directeur exécutif de l'ASD, a confirmé que, pour éviter les pertes, les compagnies ont tendance à délocaliser leur activité soit en Asie où « il y a une demande nette », soit « vers la zone de dollar », non seulement aux États-Unis mais aussi, par exemple, au Mexique (pour plus de détail, consulter l'interview de M. Gayet dans notre publication spécialisée « Europe Diplomatie & Défense »). Une telle situation peut « mener progressivement à une réduction significative d'emplois en Europe », a-t-il prévenu. Il a également indiqué que la recherche et développement (R&D) était « le facteur clef de la compétitivité » et déploré qu'elle soit toujours sous-financée au niveau européen.

Présentant les résultats du secteur de la défense pour l'année 2007 (les systèmes terrestres et navals, les aéronefs militaires et l'avionique), M. Svensson a estimé qu'il s'agissait d'une année « satisfaisante » avec un chiffre d'affaires de 4,7% plus élevé que l'année précédente. Le secteur terrestre a enregistré une croissance du chiffre d'affaires et de l'emploi de respectivement 3,6% et 2%, principalement grâce aux « activités en Allemagne (les bons résultats des entreprises Krauss-Maffei Wegmann et Rheinmetall) et au Royaume-Uni » (le succès des véhicules blindés produits par BAE Systems), a déclaré M. Svensson. S'agissant des systèmes navals, le chiffre d'affaires s'est accru de 6,3%, un taux plus élevé qu'en 2006 avec « d'importants programmes de construction navale » dans plusieurs pays, notamment le Royaume -Uni où la marine royale a signé un contrat de 5,7 milliards d'euros pour la construction de deux porte-avions avec le consortium formé par l'entreprise conjointe BAE Systems - VT Group et Babcock ; en Allemagne où la marine a commandé quatre frégates au consortium mené par ThyssenKrupp Marine Systems, les premières livraisons doivent avoir lieu en 2014 et en Italie (la construction d'un destroyer anti-sous-marins). (A.By.)

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