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Bulletin Quotidien Europe N° 9691
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/douanes

L'administration américaine commence à réaliser que les objectifs de la loi « 100% scanning » seront difficiles à atteindre

Bruxelles, 26/06/2008 (Agence Europe) - Serait-ce une fissure dans la volonté des États-Unis d'imposer à partir de juillet 2012 le scanning de 100% des conteneurs maritimes à destination des ports américains avant leur chargement dans le port d'origine ? En visite à Bruxelles à l'occasion de la Commission de politique générale de l'Organisation mondiale des douanes (OMD), Jayson Ahern, Commissaire adjoint américain aux douanes et à la protection des frontières, a reconnu que la loi « 100% scanning », si elle était appliquée complètement, risquait de ne pas atteindre totalement l'objectif de sécurité recherché, de perturber la chaîne logistique globale et de coûter cher au consommateur américain (voir EUROPE n° 9680). « Un scanning à 100% à l'échelle globale n'a pas de sens »: cela « ne signifie pas 100% de sécurité », a-t-il expliqué à quelques journalistes. « Nous sommes fortement convaincus que les coûts (des mesures) seraient ajoutés à la chaîne logistique » et, en fin de compte, répercutés sur le consommateur final, a-t-il ajouté.

Début juin, M. Ahern a présenté au Congrès américain les résultats préliminaires de projets pilotes menés depuis octobre 2007 dans sept ports internationaux de taille moyenne (principalement Port Qasim au Pakistan, Puerto Cortes au Honduras, Southampton au Royaume-Uni) afin de tester, grandeur nature, la faisabilité de la loi américaine. Ces projets montrent que le scanning de 100% des conteneurs est possible à une échelle relativement limitée. Mais les coûts d'une extension à toute la chaîne logistique globale seraient très élevés pour l'administration américaine, les projets pilotes ayant à eux seuls déjà absorbé 60 millions de dollars pour les six premiers mois. Outre les investissements en infrastructure et en technologie, la formation des douaniers à l'interprétation des images fournies par les scanners coûte cher.

Compte tenu de ses ressources limitées, l'administration américaine envisage donc de concentrer son action sur les lignes maritimes comportant les risques les plus élevés. M. Ahern a loué l'approche basée sur la gestion des risques, prônée de longue date par l'OMD et l'Union européenne, qui consiste à contrôler environ 3% des conteneurs en circulation sur la base de critères bien définis. Mais « comment devons-nous définir les lignes maritimes les plus à risque ? », s'est-il interrogé. En recourant à la fois à des critères liés à la localisation des ports et à la nature des marchandises transportées, a-t-il précisé. (M.B.)

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