Bruxelles, 26/06/2008 (Agence Europe) - C'est à l'occasion de la Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogues que le cannabis est à nouveau épinglé, alors que l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) publie sa plus importante monographie scientifique à ce jour: « Recueil sur le cannabis: questions globales et expériences locales - Perspectives sur les controverses, les traitements et les contrôles concernant le cannabis en Europe ». Alors que près de 50 000 tonnes d'« herbe » sont produites chaque année et que 13 millions d'Européens en ont consommé au cours du dernier mois, « le cannabis est la drogue illicite la plus consommée en Europe et peut également être un important facteur de division parmi les responsables politiques et scientifiques », souligne le directeur de l'Observatoire, M. Wolfgang Götz. Ses effets physiques et psychologiques sur la santé ne sont pas encore clairement définis, d'autant que la puissance même de l'herbe est très variable, amenant les gouvernements européens à aborder la question de manière très hétérogène. Dans la même optique que les Pays-Bas et l'Italie, désormais plus fermes sur cette question, le Royaume-Uni, qui avait déclassé le cannabis de la classe B à la classe C en 2004, songe à revoir ce statut. Le Portugal a quant à lui dépénalisé la consommation de drogues en 2000, et le Luxembourg a évolué en faveur d'amendes en remplacement de l'emprisonnement ferme depuis 2001 en cas de consommation et de possession de cannabis. « La présente monographie insiste sur le fait que le cannabis n'est pas une substance statique et invariable, mais bien un produit dynamique dont la puissance, la prévalence et les techniques de culture évoluent. […] L'OEDT et les États membres ont répondu par des initiatives visant à améliorer le suivi, dans toute l'Europe, de cette consommation intensive afin d'améliorer les connaissances et la planification des réponses », a souligné le président de l'OEDT, M. Marcel Reimen, rappelant qu'en l'absence de données viables, la prévention restait la meilleure des options. (A.D.)