Bruxelles, 26/06/2008 (Agence Europe) - Un nouveau débat autour de la proposition de directive « carte bleue », qui vise à attirer l'élite des pays tiers, est venu apporter son lot de questions. Ce projet, présenté en octobre 2007 par la Commission européenne (EUROPE n° 9529 et EUROPE n° 9560), qui est destiné à pallier la pénurie de main-d'oeuvre dans certains secteurs en attirant les travailleurs des pays tiers hautement qualifiés, a fait l'objet d'une audition entre députés et experts, mercredi 25 juin, au Parlement européen, à Bruxelles. Un rapport de consultation sera examiné par la commission des libertés civiles les 14 et 15 juillet. Pour l'Allemande Ewa Klamt (PPE-DE), le rapporteur du texte, l'UE n'est « pas attrayante » pour la main-d'œuvre qualifiée des pays tiers ; pour preuve, les 95 000 postes d'ingénieurs manquant en Allemagne. Pour elle, cela est dû à la présence dans l'Union de « 27 systèmes d'admission différents et illisibles ». Toutefois, le rapprochement des systèmes, comme par exemple l'harmonisation des salaires minimums, s'annonce « particulièrement ardue », a expliqué Sergio Carrera, du Centre for European Policy Studies (CEPS). De plus, la proposition pourrait générer l'application de « droits différents », et son approche sectorielle pourrait provoquer « des discriminations », a-t-il déclaré. Pour la Confédération Européenne des Syndicats, Catelene Passchier a jugé qu'il était « difficile d'expliquer que l'on va faire appel à l'immigration alors que certains pays ont des problèmes de chômage ». En outre, le fait que des postes de haut niveau soient occupés par des travailleurs migrants moins payés que les citoyens communautaires pourrait créer une « concurrence déloyale ». Face au risque de fuite des cerveaux, Armando França (PSE, portugais) a déclaré avoir « de grands doutes » quant à la validité de cette proposition. Compte tenu des restrictions communautaires toujours appliquées par certains États membres, Marian-Jean Marinescu (PPE-DE, roumain) s'est demandé comment il serait possible que certains ressortissants de l'Union aient moins de droits que ceux venant de l'extérieur. (B.C.)