Bruxelles, 26/06/2008 (Agence Europe) - Amnesty International a rendu public, mardi 24 juin, un nouveau rapport intitulé « State of denial: Europe's role in rendition and secret detention », dans lequel elle montre que les États européens n'ont toujours pas reconnu les violations commises par leurs ressortissants ou sur leur territoire, ni ouvert d'enquête sur ces agissements. « Sept présidences de l'UE sont passées depuis que l'implication européenne dans les restitutions illégales de prisonniers a été révélée. Depuis lors, aucune action, ni même d'aveu de complicité n'ont été faits », a déploré Nicolas Beger, le directeur du bureau européen d'Amnesty International. « Le danger ne réside pas uniquement dans le manque de cohérence et de respect des valeurs de l'UE, mais surtout dans le fait de permettre à ces violations graves de continuer », a-t-il ajouté, dans un communiqué. Amnesty profite donc de ce nouveau rapport pour redemander qu'une action concertée de toute l'Europe soit lancée pour éviter la répétition de ces violations. Le rapport donne également des informations complémentaires sur six cas, impliquant 13 personnes, ainsi que sur l'implication d'États européens (Suède, Allemagne, Italie, Macédoine, Bosnie) aux programmes secrets de la CIA pour transférer des suspects dans des prisons où ils risquaient d'être violemment torturés. Le rapport mentionne aussi la Pologne comme pays ayant probablement abrité un centre de détention secret. Le New York Times, dans son édition du 21 juin, cite un officier de la CIA, sous couvert de l'anonymat, qui confirme que l'un de ces « sites noirs » existait bien à Szymany, à quelque 160 km de Varsovie, une nouvelle immédiatement démentie par le ministre polonais de la Défense. (B.C.)