Bruxelles, 21/02/2008 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est félicité de la tenue des élections législatives et provinciales au Pakistan. « Ces élections ont clairement montré que la population du Pakistan souhaite la démocratie et rejette l'extrémisme », a déclaré M. Barroso dans un communiqué publié mercredi 20 février. Le scrutin, qui a eu lieu lundi 18 février, a vu la victoire du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto, assassinée le 27 décembre, et de la Ligue Musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) de Nawaz Sharif. Avec respectivement 86 et 65 sièges, les deux formations d'opposition ont largement devancé le parti du président Pervez Musharraf (le PML-Q) qui en recueille 37. Les partis islamistes radicaux n'ont quant à eux obtenu que trois sièges, contre plus de 50 lors des législatives de 2002. « Les forces modérées démocratiques ont maintenant une opportunité importante pour avancer vers l'unité nationale (…) », souligne encore M. Barroso.
La commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a salué le travail de la mission d'observation électorale de l'UE sur place. Pour son chef, Michael Gahler (PPE-DE, allemand), ainsi que pour le chef de la délégation du PE, Robert Evans (PSE, britannique), les élections ont été « concurrentielles », même si de nombreux problèmes ont été observés au niveau du cadre et de l'environnement électoral. En présentant à la presse, mercredi 20 février à Islamabad, les résultats préliminaires de l'évaluation du scrutin,
M. Gahler s'est dit « soulagé » du déroulement du scrutin et a mis en avant « l'engagement démontré par les électeurs, les candidats, le personnel électoral et les représentants des médias et de la société civile ». La mission d'observation de l'UE a toutefois constaté des dysfonctionnements et irrégularités procédurales, notamment dans les bureaux de vote réservés aux femmes. Le processus de dépouillement des bulletins de vote a été jugé positivement dans la majorité des circonscriptions, même si l'accès aux résultats compilés n'était pas suffisant. La mission de l'UE souligne aussi le favoritisme des autorités publiques à l'égard des partis au pouvoir, les graves restrictions au droit de se présenter comme candidat et les pressions exercées sur les médias pendant toute la période électorale. Si les médias privés ont offert une couverture pluraliste tout au long de la campagne, les chaînes publiques ont privilégié le président, le gouvernement sortant et le parti
PML-Q, n'offrant que peu d'espace aux autres partis. (A.B.)