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Bulletin Quotidien Europe N° 9607
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/avenir de l'europe

Les parlementaires attendent beaucoup de la future Présidence suédoise, surtout en matière sociale et environnementale

Bruxelles, 21/02/2008 (Agence Europe) - Après avoir écouté les aspirations du Premier ministre de Suède, Fredrik Reinfeldt, en faveur d'une Europe « forte et moderne », les membres de Parlement européen ont été nombreux à demander, le 19 février à Strasbourg, une rapide ratification du Traité de Lisbonne.

« Plus vite cette ratification interviendra et plus vite nous disposerons de nouvelles règles de fonctionnement, indispensables à une action européenne efficace », a lancé le Français Joseph Daul, au nom du groupe du PPE-DE. Il a ajouté que l'UE pourra aussi, après cette ratification, concentrer ses efforts sur le contenu de ses politiques communes. « L'Europe doit pouvoir rapidement décider en matière d'énergie, de climat, de sécurité alimentaire, d'immigration ou de défense », a dit M. Daul. Il a appelé de ses vœux une Union compétitive et prospère, responsable et exigeante du point de vue budgétaire mais aussi et surtout solidaire vis-à-vis des plus faibles. Elle doit également être forte dans la défense contre le terrorisme et le crime: la sécurité des citoyens n'est pas négociable, a affirmé M. Daul (mais, ajoute-t-il, il ne faut pas oublier la défense des libertés individuelles). En ce qui concerne la politique extérieure, la déclaration d'indépendance du Kosovo « ouvre une période incertaine… l'Europe joue gros dans cette affaire ». Selon M. Daul, elle doit offrir une perspective européenne aux Balkans occidentaux, sans isoler la Serbie.

Au nom du groupe PSE, l'Allemand Martin Schulz a dit que le Premier ministre suédois a eu raison d'insister sur l'exemple d'intégration supranationale que donne l'Union au reste du monde. Mais il a regretté que M. Reinfeldt ait négligé la dimension sociale. Si vos concitoyens ont l'impression que leurs normes sociales sont menacées dans le cadre du marché unique, ils vont s'y opposer, a averti M. Schulz à l'adresse du Premier ministre suédois. En ce qui concerne la Turquie, M. Schulz a invité ce dernier à dire clairement à Nicolas Sarkozy qu'une stratégie d'adhésion existe et qu'elle doit être respectée. Le Britannique Graham Watson, président du groupe ALDE, voit l'avenir avec confiance: au moment où vous assumerez la présidence du Conseil, après la France, une véritable « révolution démocratique » aura eu lieu, a-t-il dit, en s'adressant à Fredrik Reinfeldt, dans lequel il voit une « personnalité consensuelle » capable d'ouvrir en 2009 une nouvelle phase dans la vie de l'Union, avec un nouveau Parlement et une nouvelle Commission.

L'Italienne Cristiana Muscardini, au nom du groupe UEN, est un peu moins optimiste. L'Europe, affirme-t-elle, ne peut pas se permettre d'être aussi peu préparée aux « urgences internationales » (comme dans le cas du Kosovo), et elle doit parler un langage clair en ce qui concerne l'énergie.

Les conséquences du changement climatique sont la grande affaire du moment, pour l'Italienne Monica Frassoni (Verts/ALE): je ne le dis pas parce que nous sommes « verts », précise-t-elle, mais parce que tous les problèmes de nos sociétés sont liés à la gestion des ressources de notre terre. Elle espère de la part de la « vertueuse Suède » un bon exemple dans ce domaine, comme dans celui de la politique énergétique. Mme Frassoni a conclu en demandant à M. Reinfeldt: « pourquoi n'avez-vous pas rouvert la question du siège du Parlement » ? C'est une autre affaire qui trouble le président du groupe GUE/NGL, le Français Francis Wurtz: l'affaire Laval, qui a opposé, en Suède, les syndicats et la direction d'une entreprise lettone, et qui s'est conclue par un verdict de la Cour de justice qui limite les revendications des syndicats à « la protection minimale ». M. Wurtz n'est pas satisfait de cette prise de position et voudrait un grand débat au Parlement européen sur ce sujet. La Suédoise Hélène Goudin (ID) a vivement exprimé son mécontentement vis-à-vis de son Premier ministre, qui aurait dû, à son avis, se battre pour un traité plus interétatique et contre une Europe « touche à tout ». Pour Jean-Marie Le Pen (Front national), l'Irlande, si elle tiendra un référendum sur le traité, « deviendra le porte-parole de milliers de citoyens européens », ces citoyens qui, s'ils sont privés du droit de se prononcer, vont, selon M. Le Pen, « se venger » aux prochaines élections. Et il en appelle à la « résistance nationale… pour les citoyens, un droit, pour les patriotes, un devoir… ».

Même si les autres parlementaires n'ont pas utilisé un langage si musclé, d'autres, surtout aux deux extrêmes de l'hémicycle, ont réclamé le droit des citoyens de se prononcer sur le traité. Et des élus de tous bords ont demandé un effort plus important dans le domaine social, notamment Jan Andersson (PSE, suédois), qui souhaite des directives sur le temps de travail et sur les conventions collectives. Quant à Inge Segelström (PSE, suédoise), elle a été l'un des nombreux orateurs à poser la question du gazoduc de la Baltique. Sur cette question, M. Reinfeldt a précisé que le projet actuel, tel qu'il est présenté, ne semble pas satisfaisant: un autre projet devra être soumis. Quant au débat sur le siège, il a simplement rappelé que la question doit être décidée à l'unanimité. M. Reinfeldt a voulu rassurer M. Wurtz en ce qui concerne la teneur du texte de la Cour de justice, dans l'affaire Laval: cet arrêt ne met nullement en cause le modèle social européen. Enfin, le Premier ministre suédois a affirmé que si certains pays décident de ratifier le traité sans utiliser un référendum, ceci ne signifie nullement que ces pays ne sont pas démocratiques. (L.G.)

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