Strasbourg, 21/02/2008 (Agence Europe) - En visite informelle au Parlement européen mardi 19 février à Strasbourg, le Premier ministre français François Fillon a tour à tour informé les délégations des partis politiques français puis l'ensemble du groupe PPE-DE sur l'état d'avancement des travaux au sujet du projet d'Union méditerranéenne proposé l'an dernier par le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy. M. Fillon « a rassuré » les parlementaires européens « en apportant des précisions sur ce concept », a expliqué à EUROPE le Français Alain Lamassoure (PPE-DE). « Il a expliqué qu'il ne s'agit pas de créer une institution nouvelle, ni de remplacer le processus de Barcelone et les initiatives prises depuis pour rapprocher les deux rives de la Méditerranée. Il s'agit de compléter le processus de Barcelone, de lui redonner une impulsion politique compte tenu de son échec relatif », a poursuivi M. Lamassoure. S'il existe un minimum de clarté sur certains des objectifs du projet vu de Paris - l'Union méditerranéenne serait un instrument adéquat pour conclure des accords sur des dossiers d'intérêt mutuel de part et d'autre de la Méditerranée, l'immigration, l'environnement et l'énergie -, « le flou demeure sur le volet politique » de ce nouveau concept, explique M. Lamassoure. « Envisage-t-on de mettre une conditionnalité politique à de tels accords ? Devons-nous pousser à des progrès sur la bonne gouvernance, la démocratisation, les droits de l'homme, la liberté d'expression. Le projet va-t-il se limiter à des accords sectoriels, ou va-t-il comporter un volet politique pour inciter nos partenaires du sud de la Méditerranée à faire le choix de la démocratie et de la paix ? Voilà les questions que nous nous posons au Parlement européen », ajoute-t-il. « Veut-on faire du projet d'Union méditerranéenne un projet à portée politique comparable au Traité de Rome qui, d'un simple accord d'union douanière, est devenu une union politique ? Il faut inciter les pays du sud de la Méditerranée à tisser des liens comparables à ceux que nous avons tissés en Europe », a conclu M. Lamassoure, déplorant, par exemple, la fermeture et l'absence d'échanges bilatéraux entre deux pays voisins que sont l'Algérie et le Maroc.
Toujours est-il que M. Fillon a informé les membres du Parlement européen qu'il a rencontrés mardi de la poursuite des consultations auprès des capitales, de part et d'autre de la Méditerranée. Ces consultations sont menées par le représentant officiel de la France pour la promotion du projet d'Union Méditerranéenne, l'ambassadeur Alain Leroy. Et ce pour préparer la double réunion à la mi-juillet à Paris qui doit marquer le début d'exercice de la Présidence française du Conseil de l'UE au second semestre 2008: le 13 juillet, les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres « méditerranéens » de l'UE retrouveront leurs homologues de la rive sud, avant un sommet le 14 juillet regroupant les dirigeants des Vingt-sept pays de l'UE et leurs homologues des Etats du Sud et de l'Est de la Méditerranée parties prenantes au processus de Barcelone (Algérie, Albanie, Autorité palestinienne, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Syrie, Tunisie, Turquie et probablement la Libye qui n'est pas encore membre d'Euromed). (E.H.)